Dans une pétition en ligne, le Collectif des enseignants et chercheurs du Nord et Sud-Kivu demande à l'AFC/M23 de retirer les actes de nomination des comités de gestion opérés par sa coordination dans les établissements de Goma et Bukavu, et au gouvernement Congolais de lever la suspension des activités académiques.
Cette démarche intervient à quelques semaines de la rentrée académique 2026-2027, annoncée au 15 octobre par l'AFC/M23 et au 26 octobre par le ministère national de l'Enseignement Supérieur, Universitaire et de la Recherche Scientifique (ESU).
Plus de 50 000 étudiants pénalisés
Selon les initiateurs, la suspension des activités académiques et para-académiques dans onze établissements des deux villes affecte plus de 50 000 étudiants. Le personnel scientifique et académique, notamment les enseignants Nouvelles Unités (NU) et Non Payés (NP), est également concerné.
À l'origine de la crise, les signataires citent les nominations opérées par la coordination de l'AFC/M23 : le 29 mai 2025 à l'Université de Goma, le 25 juin 2025 à l'ISTM/Bukavu et le 07 août 2026 dans plusieurs établissements de Goma et Bukavu.
En réaction, le gouvernement Congolais a suspendu, par l'arrêté ministériel n° 239/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026 du 20 août 2026, les activités académiques et para-académiques de l'année 2026-2027 dans les onze établissements concernés.
Pour le collectif, les étudiants ne doivent pas être les principales victimes. Il exige :
1. La garantie de la continuité des activités, avec une attention particulière pour les étudiants finalistes ;
2. La validation intégrale des acquis de l'année académique 2025-2026 ;
3. L'organisation, dans chaque établissement, de l'élection du recteur et/ou du directeur général par leurs pairs, conformément à la Loi-Cadre n°14/004 du 11 février 2014 ;
4. La désignation des autres membres des comités de gestion par le ministère de l'ESU, conformément à la loi ;
5. La mécanisation et le paiement des enseignants Nouvelles Unités et Non Payés.
Les signataires appellent les parties au conflit à préserver les campus de Goma et de Bukavu de toute instrumentalisation politique, militaire ou sécuritaire, pour qu'ils restent des espaces dédiés à la formation, à la recherche et à la paix.
Enfin, la pétition sollicite l'implication du CICR, des Nations-Unies, de l'UNESCO, de l'Union Africaine et de la MONUSCO. Le CICR est particulièrement invité à offrir ses bons offices pour limiter les conséquences de cette suspension.
À travers cette démarche, le Collectif entend obtenir des mesures urgentes permettant aux étudiants de reprendre leur formation dans un cadre conforme aux textes régissant l'ESU.
David Aluta