Pour les députés du Grand-Katanga la loi sur la « congolité » rappelle le nazisme, et l’apartheid
Par Lwanzo K. –CongoRassure
Un flot de réactions est observé au sein de l’opinion congolaise suite au dépôt de la proposition de la fameuse loi sur « la congolité », au bureau de l’Assemblée nationale, ce jeudi 8 juillet.
Sans surprise, les députés nationaux du Grand Katanga emboîtent le pas à ceux qui s’opposent énergiquement à cette loi controversée. Ces élus se sont exprimés sur cette épineuse question, qu’est la proposition de loi sur la congolité, initiée par le candidat malheureux à la présidentielle de 2018, Noel Tshiani, la journée de ce jeudi 8 juillet.
Livrant avec des mots forts ses préoccupations ainsi que sa désapprobation, le caucus des 71 élus nationaux, du Rassemblement des députés katangais qualifie de « stupide, saugrenue et rétrograde » cette proposition de loi, qui émane de Noël Tshiani, qui selon lui, vise l’exclusion d’une partie des compatriotes congolais d’origine. Les élus du Grand Katanga craignent que cela ne mette en péril l’unité nationale, obtenue après d’importants efforts.
Par ailleurs, les représentants des populations vivant dans les quatre provinces issues du démembrement de l’ancienne province du Katanga, à savoir les provinces du Haut-Katanga, du Haut-Lomami, du Lualaba et du Tanganyika, disent suivre avec la plus grande attention et préoccupation l’effervescence et l’agitation suscitées par les déclarations de Noël Tshiani sur ce qu’il appelle la congolité. » Le congolais dans la compréhension de ce compatriote, s’exprimerait en termes de pourcentage de nationalité, 100%, 50%, 25%, 12,5%, 6,5%. Et donc selon lui, ne peut accéder à la fonction de président de la République que celui qui est né de père et de mère congolais, c’est-à-dire 100 %. Une idée grotesque, stupide et rétrograde car elle conduit à l’exclusion d’une partie de nos compatriotes congolais d’origine« , disent-ils.
« Le peuple congolais est mûr et libre de choisir ses dirigeants après 60 ans d’indépendance », affirment ces élus nationaux, qui rappellent que dans un environnement démocratique, pour accéder à un mandat électif, le choix appartient au peuple souverain.
Pour eux, le concept Congolité est dangereux, car « il prédit des scènes de violence qui rappellent les moments sombres de l’histoire de l’humanité avec les idées folles du nazisme, de la race aryenne pure, de l’apartheid, de l’ivoirité, du crime de faciès, avec les conséquences probables des guerres civiles, des génocides et des nettoyages ethniques que le monde a connus ».