Beni : L’insécurité grandissante dans le territoire d’Irumu affecte le prix du charbon de bois (braises)
Depuis la semaine dernière, le prix d’un sac des braises est passé de 32.000 francs congolais à 60.000 francs sur les marchés de la ville de Beni. Selon les vendeurs des braises, cette hausse soudaine des prix est le résultat de l’insécurité qui règne actuellement dans le territoire d’Irumu, principale zone de production des braises.
Face à ce nouveau défi, la population de Beni ne sait plus où donner de la tête. Dans les ménages et les restaurants, les gens ont désormais recours au bois de chauffage. « Le prix du sac de braise a doublé, les vendeurs nous disent qu’ils n’ont plus de stock, j’utilise maintenant le bois de chauffe » a déclaré Kasoki Nadine, une ménagère rencontrée au marché Mayangose de Beni. Cependant, même le prix du bois de chauffage a légèrement augmenté étant donné la forte demande par rapport à l’offre.
Une quantité qui se négociait entre 2 000 et 3 000 francs se négocie désormais à 5 000 francs. Cependant, les vendeurs de braises craignent que la situation ne s’aggrave car les forêts d’Irumu restent inaccessibles.
« Environ 80% des braises que nous utilisons à Beni proviennent des forêts du territoire d’Irumu », explique Jean-Bosco Pondamali, qui gère un dépôt des braises dans le quartier de Madrandele. Il ajoute que «depuis les attaques des ADF sur les villages d’Idowu, Ndimo, Mambelenga, Komanda et Otomabere, les personnes qui produisaient du bois de chauffe ont été obligées de fuir et d’abandonner tout ce qui se trouvait dans leurs champs ».
Il convient de rappeler qu’au cours des dernières semaines, des combattants soupçonnés d’être des éléments des ADF ont mis le feu à plusieurs véhicules, tuant au passage de nombreux passagers, malgré les opérations militaires menées dans la région.
La tragédie la plus récente a été le meurtre, le jeudi 8 juillet, du chauffeur Napoléon et de ses quatre passagers, en plus de l’incendie de trois véhicules. Suite à ces événements, les chauffeurs empruntant cette route ont décidé de suspendre les déplacements sur ce tronçon routier, provoquant un manque de produits en provenance de l’Ituri sur les marchés de Beni.
Par Nicole Lufungi, Beni