La situation reste particulièrement tendue sur le campus de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et ses environs ce lundi 26 juillet 2021.
En effet, les étudiants protestent contre la mort de leur camarade tué par un policier alors qu’il était en pleine activité académique. L’élément de l’ordre ayant tué l’étudiant a pris la fuite et demeure introuvable jusque-là, malgré les recherches effectuées par la police conjointement avec l’auditorat militaire.
Malgré le déploiement de la police sur le site pour rétablir l’ordre public et calmer les manifestants déchaînés, la situation reste tendue.
Des pneus ont été brûlés à l’endroit appelé « amphithéâtre » tôt le matin et certains étudiants se sont rendus à la Place Intendance en chantant à haute voix, « notre camarade a été tué injustement nous demandons justice pour cet acte méprisable ».
Au milieu de ce désordre, il est impossible de déterminer qui est étudiant et qui ne l’est pas. Certains jeunes, communément appelés kulunas, se sont mêlés à l’affaire et ont été vus parmi les étudiants et les policiers. Ces derniers ont fini par arrêter une dizaine des personnes, parmi lesquelles plusieurs n’avaient pas de carte d’étudiant.
Au moins cinq des personnes arrêtées ont été relâchées par les forces de l’ordre après qu’il soit apparu qu’elles étaient des étudiants de l’UNIKIN.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire Muhindo Nzangi avait déjà appelé la veille les étudiants au calme, assurant qu’il suivait « de près l’affaire« . Le ministre de l’ESU a également déclaré qu’il était en communication permanente avec la police et qu’il espérait qu’une fois le policier tueur arrêté, il serait jugé en flagrant délit.
Pendant ce temps, le comité des étudiants de l’Université de Kinshasa, qui s’est réuni après le malheureux incident, a condamné le meurtre de l’étudiant Shama Kwate, qui l’a qualifié comme un « acte ignoble« .
Et bien que ces derniers aient également appelé tous les membres de la communauté étudiante et familiale au calme, avançant que ce sera « une façon de rendre hommage » au disparu, leur appel est visiblement resté lettre morte.
L’étudiant Honoré Shamakwete a été tué samedi dernier dans le quartier de la Libération. Dimanche 25 juillet, le poste de police où travaillait le meurtrier a été incendié par les étudiants.
Par Mireille Kavira, Kinshasa