RDC : 23 ans après le massacre de Kasika, Maître Nepangi José plaide pour que justice soit rendue aux victimes
Cela fait maintenant 23 ans jour pour jour que le massacre de Kasika a eu lieu dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu, rappelle Maître Nepangi José. Pour cette année la commémoration a eu lieu le mardi.
Selon des témoins oculaires, dans la matinée du lundi 24 août 1998, plus de 856 personnes ont été massacrées à Kasika par des rebelles du RCD dans la chefferie de Lwindi. La majorité des corps retrouvés le long d’une route de 60 km reliant Kilingutwe à Kasika étaient pour la plupart ceux des femmes et des enfants.
Depuis, plusieurs militants des droits de l’homme n’ont cessé de demander que justice soit rendue aux victimes de ces actes ignobles. C’est le cas de Me Nepangi José, avocat au barreau de Goma et militant des droits de l’homme qui dit regretter que la justice n’ait jamais été établie en faveur des victimes.
« le chien de garde du peuple », titre qu’il s’est donné dans ce combat, dit qu’il continue d’être affecté par le déni de justice 23 ans après le massacre de Kasika, alors que certains des présumés auteurs intellectuels et complices sont encore en vie.
« Il a refusé d’être à Kasika pour ce triste anniversaire car au programme de cette journée il était prévu que certaines personnes impliquées dans le détournement des fonds destinés aux victimes de ce massacre décaissés par le gouvernement central de la RDC, aient la parole et s’inclinent devant les tombes des victimes, Ce que Nepangi José a déclaré être de l’ironie de leur part et une moquerie envers leurs familles et la population de Mwenga en général. Nepangi a dit qu’il n’était pas prêt ce jour à s’asseoir avec les détourneurs de cet argent et c’est sous cette note qu’il avait trouvé la meilleure façon de rendre hommage aux victimes », a confié à CongoRassure la cellule de communication de cet avocat, expliquant la raison de son absence sur les lieux de commémoration. « Le 24 août 1998, l’impensable s’est produit. Des citoyens pacifiques et désarmés ont été brutalement massacrés à Kasika. L’histoire ne vaut pas la peine d’être peinte, tant elle ressemble au pire des films d’horreur ! Ce même drame se répétera en plusieurs endroits du territoire de Mwenga dans les jours et les semaines qui suivent. Le bilan est lourd. La blessure est profonde » a-t-elle rappelé.
Plusieurs proches des victimes des massacres de Kasika déplorent le fait que 23 ans après, on ne parle presque plus de cette tragédie. Ils protestent contre le fait que, selon eux, les bourreaux ont été récompensés et continuent de l’être sans mais surtout que la thèse du déni de ces massacres est défendue en pleine capitale Kinshasa à la barbe des dirigeants, et ce, sans que ces derniers ne bronchent ou n’agissent en faveur de la restauration de la mémoire des victimes.
Pour eux, il est inadmissible qu’après toutes ces années la vérité ne soit toujours pas faite et qu’ils vivent dans la douleur et que les âmes de leurs proches errent sans repos. Ils critiquent également le fait qu’aucun député du territoire de Mwenga n’a osé proposer une loi ou un décret qui consacre ce jour comme la journée de commémoration des millions de morts des différentes guerres du Congo.
Ces personnes regrettent qu’aucune résolution de l’Assemblée nationale n’ait été prise pour rechercher la vérité afin de punir les coupables et réconforter les victimes par une justice équitable. Pour elles, les discours ne tarissent pas, mais les actes ne sont pas là et le peuple vit comme si un certain 24 août 1998, personne n’avait perdu sa vie sauvagement.
Par Enoch David Aluta.