Nord-Kivu : Affrontements armés en juin dernier à Oninga (Walikale), une équipe provinciale de santé fait les premières évaluations humanitaires
Deux mois après les violents affrontements entre deux factions de groupes armés à Oninga, combats qui ont provoqué un déplacement massif de la population, une équipe de la division provinciale de la santé vient de se rendre dans cette localité affectée, située à au moins 300 km du fief du Territoire de Walikale dans la province du Nord-Kivu.
Au centre de ce déplacement, les délégations de la division provinciale de la santé, dirigées par le chef de division Janvier Kubuya, accompagnées du personnel de la MONUSCO, qui ont atterri à Oninga par hélicoptère de la Monusco, c’était pour acheminer vers la zone d’Usala (Oninga), un important don composé d’un stock des médicaments de santé reproductive, de kits Pep de l’UNFPA et d’IMA Word Health, ainsi que des vaccins de la Division provinciale de la santé du Nord Kivu, pour la prise en charge des femmes victimes de violences sexuelles et physiques.
Mais aussi, le rôle des équipes a été d’évaluer les besoins d’assistance d’une population estimée à 11.000 habitants et de mobiliser l’aide.
Selon le médecin-chef de la zone de Pinga, interrogé par CongoRassure, qui contrôle « Usala » qui fait partie de la zone de Pinga, a déploré le « manque de tout au centre de santé d’Usala ».
Le médecin a déclaré que : « le matériel médical et les médicaments ont tous été emportés lors des derniers affrontements. La population qui revient progressivement, n’a pas d’abri », a-t-il alerté. « C’est une centaine de maisons qui ont été détruites et brûlées par ces hommes armés », a-t-il par ailleurs précisé.
Selon les premières évaluations, le centre de santé d’Oninga, qui a été pillé, pourrait ne plus être en mesure de prendre en charge les patients rapatriés en raison d’un manque de fournitures, selon le médecin. « Nous pensons que le centre devrait être équipé le plus rapidement possible et recevoir un soutien sous forme des médicaments. Ensuite, il faudra envisager la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA et former les personnes du centre, pour renforcer leurs capacités (santé maternelle, planning familial) ».
La mission a également signalé qu’il n’y a pas de source d’eau potable autour de l’aire de santé, d’où la nécessité de réhabiliter les sources d’eau, dont les habitants d’Oninga se plaignent comme étant un vrai casse-tête. « Construire des écoles et fournir des abris aux déplacés qui n’ont plus de maison », a résumé en quelques mots Luc Kahiwa.
Par Adrien AMBANENGO