Sécurité des journalistes : un mécanisme de protection qui réunira l’armée, les services de sécurité et les médias va être mis en place
Ce mardi 7 septembre, la sécurité des journalistes dans les provinces où l’état de siège a été décrété par le président Tshisekedi, a été au centre d’une rencontre entre le ministre Patrick Muyaya et le secrétaire général de l’ONG Journaliste en danger, JED.
Le porte-parole de l’état-major de l’armée congolaise a également été associé à la rencontre de ces deux personnalités, indique le ministère de la Communication.
Tshivis Tshivuadi, président de Journaliste en danger, a affirmé que cette séance de travail s’est tenue à la demande du ministre de la Communication. « Nous avons parlé de la situation de la liberté de la presse, plus précisément de ce que nous considérons comme la dégradation de la situation sécuritaire des journalistes, notamment à l’Est du pays dans les provinces en état de siège », a-t-il confié à la presse, au terme de la rencontre.
Le ministère de la Communication indique par ailleurs qu’au cours de cette séance de travail, toutes les parties prenantes ont discuté de la possibilité de mettre en place un mécanisme national de protection des journalistes pendant cette période de l’état de siège pour assurer leur sécurité.
Cette information a été relayée sur la toile par le ministre Patrick Muyaya qui a tenu à préciser que « ce mécanisme de protection réunira l’armée, les services de sécurité et les organisations des professionnels des médias ».
« JED a également proposé de créer une plateforme d’échange entre les journalistes et les points focaux qui pourront se rencontrer au niveau des services concernés par la sécurité des journalistes pour échanger des informations et aussi voir comment prévenir les cas d’atteinte à la liberté de la presse. Ils vont non seulement étudier les voies et moyens sur comment protéger les journalistes, mais aussi prévenir les cas d’impunité de certaines personnes identifiables qui constituent une menace pour les journalistes », a déclaré la cellule de communication de Patrick Muyaya, soulignant qu’à son tour, le membre de l’exécutif national a rassuré du soutien de Kinshasa qui, selon lui, est également préoccupé par cette question.
Il y a moins d’une semaine, JED a tiré la sonnette d’alarme. En trois mois, trois journalistes ont été assassinés et chaque jour, l’organisation reçoit des alertes de journalistes qui font l’objet des menaces de mort. Face au silence du gouvernement après ces assassinats dont les auteurs courent toujours, l’organisation de défense des journalistes a dénoncé ce qu’elle considère comme de l’indifférence.
Par Christina Mukongoma, Kinshasa.