Obsèques de Kyungu, les mots forts de Raphaël Mutata de la Fondation Katangaise à l’illustre disparu
Des milliers de personnes dont le Président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo, ont rendu un dernier hommage ce jeudi 16 septembre à feu Antoine Gabriel Kyungu Wa Kumwanza devant l’esplanade de l’immeuble du 30 juin à Lubumbashi, avant son inhumation dans sa ferme privée sur la route de Kasenga.
Parmi eux, celui de Raphaël Mutata qui n’a pas oublié le long combat de Gabriel Kyungu Wa Kumwanza au sein de la Fondation katangaise. L’actuel président de cette structure a eu des mots forts pour le regretté « Baba Wa Katanga », décédé le 21 août dernier en Angola.
Extrait de son mot de circonstance :
Chers Katangais, l’art est long et la vie est courte. La pièce est donc jouée celle d’un combattant pour la dignité katangaise et d’un héros qui a lutté sur deux fronts jusqu’à son dernier souffle. Même lorsque l’énergie physique faisait cruellement défaut, le poing katangais est resté levé, celui de la défense, de la conservation de l’identité katangaise et du géant baobab auprès duquel nous nous sentions invincibles.
Dois-je rappeler à l’attention de l’opinion que l’honorable patriarche Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza est le cofondateur de la fondation katangaise […]Quelle parole dois-je prononcer au nom de la Fondation Katangaise devant le Congo ? Il s’est endormi et il est si pénible, voire difficile, de prendre la parole en de telles circonstances.
L’ illustre personnage qui nous a rassemblés ici, avait encore la fraîcheur d’une rosette rustique…Mais Katangais ? Qu’avons-nous fait contre le ciel pour mériter un tel sort qui nous prive du meilleur de nous ? Il a vécu avec un courage exceptionnel la succession de tous les régimes politiques de notre pays tout en restant accroché à son Katanga natal.
Ta disparition nous plonge dans une profonde tristesse et crée un vide que personne ne pourra combler. Tu n’as pas vu la hauteur de ta grandeur pour demander pardon, non seulement pour l’unité du Katanga et des Katangais, mais aussi de toutes les communautés vivant au Katanga. Vous avez joué un rôle très important ou plutôt, vous l’avez été. Celui qui s’est battu corps et âme pour que le socle katangais reste un et indivisible, malgré l’égoïsme de certains Katangais égarés. Vous étiez un personnage unique et multidimensionnel, craint par certains, mais respecté par tous. Vous étiez un leader qui défendait tous les Katangais.
Vous avez inspiré dans les cœurs des Katangais des valeurs solides basées sur le courage et la détermination. La flamme katangaise, c’est ce que tu as jalousement entretenue durant toute ta vie. Nous la transmettons aux générations suivantes.
Et avant de clore son mot, Raphaël Mutata a également adressé ses condoléances les plus attristées, au nom de la fondation katangaise , à tous ceux qui étaient présents , leur rappelant qu’il était important que ce moment douloureux n’ébranle pas leur foi en Dieu, seul vrai consolateur des affligés. « Quant à nous, nous devons tout simplement nous incliner devant la volonté de Dieu qui a donné et qui a repris. Va en paix Baba, nous ne t’oublierons jamais » a-t-il dit.
Par Adrien Ambanengo, Haut-Katanga