Kinshasa : Cinq ans après le carnage de Limete, les familles des victimes continuent de réclamer justice
Cinq ans après la répression brutale du 19 au 21 septembre 2016, au cours de laquelle au moins 53 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre, dont six militants du parti au pouvoir actuel, l’UDPS, brûlés vifs au siège du parti à Limete, les familles des victimes disent attendre toujours justice et réparations.
Pour Jean-Claude Kapangala, coordonnateur du Collectif BOSEMBO, qui regroupe les familles des victimes, il est inacceptable que l’UDPS, aujourd’hui au pouvoir, ne fasse rien pour que justice soit rendue, ni pour ses propres militants sauvagement tués, ni pour les centaines d’autres victimes dont le sacrifice a permis l’alternance tant vantée.
« Lorsqu’ils étaient encore des opposants, le président Félix Tshisekedi et les autres dirigeants de l’UDPS avaient juré de se tenir aux côtés des victimes dans leur quête de justice », a-t-il déclaré, laissant entendre qu’il était temps pour le gouvernement actuel de tenir sa promesse.
Le collectif a rappelé qu’outre les décès, la répression du 19 au 21 septembre 2016 avait également fait des dizaines de blessés et des centaines d’arrestations. Il a également souligné que certains manifestants sont portés disparus jusqu’à ce jour.
Le groupe de victimes a déploré le fait que si des responsables de la majorité au pouvoir à l’époque ont publiquement revendiqué les attaques contre les sièges des partis d’opposition, en représailles aux attaques de certains partis de la majorité par certains manifestants, personne n’a été poursuivi à ce jour en lien avec ces violations de droits humains. « Il en va de même pour les responsables de la police, de l’armée, des services de renseignement civils et militaires impliqués dans la répression, selon les rapports crédibles du Bureau conjoint des Nations unies, de Human Rights Watch et d’Amnesty International », indique le Collectif Bosembo.
Et pour Jean-Claude Kapangala son coordonnateur, qui demande l’implication du Chef de l’Etat, le seul moyen d’éviter que de telles violations ne se reproduisent est de « soulager la souffrance des familles des victimes, de faire en sorte que les responsables répondent de leurs actes, que des réparations appropriées soient allouées, et que le droit de manifester pacifiquement soit désormais garanti ».
Le Collectif BOSEMBO, officiellement lancé en mars 2021, milite pour que justice et réparations soient rendues à toutes les victimes de la répression, ainsi que pour que des réformes soient mises en place afin d’éviter que cela ne se reproduise. Il compte plusieurs familles, dont celles de Thérèse Kapangala, tuée dans les parvis de la paroisse Saint-François de Kintambo à Kinshasa ; Rossy Mukendi, assassiné à la paroisse Saint-Albert à Kinshasa ; Hussein Ngandu, assassiné devant son domicile au quartier Kingambwa, ….
Par la Rédaction