Affaire RAM : Pour l’initiateur de la question orale, le ministre des PT-NTIC doit supprimer la taxe RAM pour que l’option de sa déchéance ne soit pas levée
Après que le dossier RAM a été mis au frigo à plusieurs reprises, le ministre congolais des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication (PT-NTIC), a été la journée du mercredi 29 septembre devant les députés nationaux à l’assemblée nationale.
En marge de l’audition du ministre Augustin Kibasa Maliba, c’est peu de dire que les élus nationaux se sont sérieusement déchaînés autour du dossier aussi brûlant qu’impopulaire qu’est la « taxe » RAM (Registre des appareils mobiles), et qui du reste, demeure décriée par la quasi totalité des Congolais.
Au total , le bureau de la chambre basse du parlement a enregistré près de 76 demandes de parole avant que n’intervienne une motion d’ordre du député Baudouin Mayo. Ce dernier a expliqué que la question a été clarifiée. Et citant ses députés, le député Mayo a souligné que nombreux d’entre-eux estiment que la taxe est illégale . « Pour être efficace, il n’y a rien d’autre qui sortira de ce que les collègues ont dit ici, le ministre va répondre et s’il ne veut pas répondre, il y des procédures que le président du bureau va donner », a-t-il signifié.
Le député national Claude Misare, qui est l’initiateur de la question orale, a affirmé de son côté que le ministre des PT-NTIC n’aura pas d’autre choix que celle de supprimer la taxe RAM. Selon lui, si ce membre du gouvernement central ne se plie pas à la volonté du peuple, relayée par les députés, l’option de sa déchéance sera levée par les élus nationaux.
Ce député de l’Union pour la nation congolaise de Vital Kamerhe qui a eu des mots durs à l’endroit du ministre, est allé jusqu’à qualifier cette collecte « d’escroquerie », car selon lui, elle n’a pas aucune base légale. « Le ministre ne pouvait que tâtonner pour essayer de gérer les députés mais ça n’a pas tenu parce que son intervention a même choqué l’auguste assemblée », a-t-il déclaré.
Pour sa part, Traité « d’escroc » et de « voleur » par certains représentants du peuple en raison de la perception de cette taxe depuis plusieurs mois auprès des utilisateurs de téléphones portables à travers la République, le ministre Maliba n’a pu cacher sa surprise et s’est dit choqué par l’attitude des élus nationaux.
Toutefois, il a indiqué qu’à ce jour, la collecte de cette taxe a produit, en termes de recettes, 25 millions 11 mille dollars. « Ce montant représente les revenus consolidés par les opérateurs » a-t-il tout de même précisé. D’après lui, la Taxe RAM permet d’accompagner la gratuité de l’enseignement, notamment la distribution de E-SIM, le wifi gratuit et que le service du call center de l’ARPTC a déjà enregistré 585 cas de téléphones volés ou perdus.
Le ministre dispose de 48 heures avant de retourner à la chambre basse du parlement pour répondre aux préoccupations des députés nationaux et les convaincre de l’importance de maintenir la collecte de cette taxe.
En septembre 2020, lors du lancement de cette « taxe », M. Maliba avait expliqué qu’elle permettra d’optimiser la sécurité et la qualité de service des réseaux mobiles en RDC, de lutter efficacement contre la contrefaçon des appareils mobiles en déconnectant les appareils identifiés comme non conformes, et de lutter contre le vol des appareils mobiles en bloquant les appareils déclarés volés.
Par Lwanzo Kasoki, Kinshasa