Ituri : ce qu’il faut retenir de la nomination d’un Chinois par le Gouverneur militaire pour gérer les opérateurs chinois
Par Marcus Jean Loika, CongoRassure Ituri
Depuis les premières heures du samedi 17 octobre, on note la circulation sur les réseaux sociaux d’une lettre de nomination d’un sujet chinois pour gérer les opérateurs miniers chinois dans la province de l’Ituri. M. Han Yibo a été nommé par le gouverneur militaire de l’Ituri pour gérer une structure appelée « Mining Business and Consulting ».
Cette structure a été mise en place après une concertation entre les opérateurs miniers travaillant en Ituri, la Fec et le comité provincial de sécurité, rapportent des sources proches du gouvernement provincial de l’Ituri.
Selon elles, cette structure a pour mission de contrôler tous les Chinois et leurs activités minières dans toute la province de l’Ituri. « M. Han Yibo est là pour savoir s’il y a combien de Chinois en Ituri dans l’exploitation minière, ils sont dans quel site, avec quel matériel et comment ils sont arrivés. »
L’objectif est donc d’avoir un contrôle sur les activités, les déplacements et la position des sujets chinois déployés pour l’exploitation de l’Ituri, se défendent ces sources, soulignant que c’est pour répondre aux multiples doléances de la population de l’Ituri notamment de Mambasa qui ne comprenait plus rien de l’activité des Chinois car ils étaient partout à tout moment.
Selon les collaborateurs du gouverneur militaire, cette mesure permettra non seulement d’avoir un contrôle sur les Chinois et leurs activités mais aussi de pouvoir bien suivre leurs engagements pris avec les communautés locales où ils exploitent les minerais conformément au Code minier en vigueur dans notre pays. Cela contribuera également à la maximisation des revenus dus à l’Etat.
« Les communautés doivent également bénéficier de l’exploitation des minéraux dans leurs entités. La plupart des Chinois ne respectent pas leur cahier des charges vis-à-vis de la population. A part cela, l’écosystème de notre terre a le droit d’être respecté et avec cette mesure nous pourrons savoir si tel sujet est où, il fait quoi avec quoi et comment il est arrivé. Nous contrerons également ceux qui se livrent à l’exploitation dans l’air protégé. Jusqu’à aujourd’hui personne n’a l’idée de numéros pour voir l’identité des chinois qui exploitent l’or en Ituri et cette structure va nous aider, elle sera notre répondant en cas de besoin », a indiqué le lieutenant Jules Ngongo, parlant au nom de l’autorité provinciale.
Selon lui, l’aspect sécuritaire est également visé à travers l’installation de cette structure, d’autant plus que la présence des Chinois est même constatée dans les zones opérationnelles, où l’ennemi a parfois le contrôle, et cela permettra de lutter contre le trafic illicite des minerais.
« La mafia nourrit l’insécurité, et cette désignation est là pour recadrer, mettre de l’ordre. Qui ne sait pas qu’à Itendey, où les rebelles CODECO circulaient avant l’état de signe sans être inquiétés, les Chinois s’y sont retrouvés pour exploiter l’or ? », s’est interrogé le lieutenant Jules Ngongo.
Signalons que la direction générale de la structure « Mining Business And Consulting » a installé ce samedi à Bunia ses nouveaux locaux, l’occasion pour le directeur de cette structure de garantir sa détermination à contrôler de près les activités minières des Chinois dans la province de l’Ituri.
« Nous allons maintenant contrôler les Chinois, les Chinois sont parlés dans le mal dans l’exploitation mais ce n’est pas cela qui a motivé notre présence ici. Nous allons pouvoir identifier si les Chinois sont où, ce qu’ils font et avec quels matériaux », a déclaré M. Han Yibo.
Les sujets chinois ont envahi la forêt de Mambasa et de Djugu, et leur présence a toujours été mal vue par les communautés locales qui les accusent non seulement de refuser de respecter les cahiers des charges signés avec les communautés, et surtout de battre le record de la destruction de l’écosystème. Il a toujours été difficile de faire le point sur leur nombre, leur identité et leur position. Avec l’installation de cette structure de supervision, le numéro un de l’Ituri espère un changement.