Bouclage, rareté de taxis, augmentation des prix : Le transport public est devenu un véritable casse-tête dans la ville de Goma
Par Gloiredo Ngise, CongoRassure Goma
Depuis plusieurs semaines, les agents de la police de la circulation routière (PCR) procèdent à un bouclage systématique des véhicules qui ne disposent pas de documents en règle. Cette fermeture est à l’origine de l’augmentation des prix des transports publics compte tenu du très faible nombre de taxis-bus en circulation.
Vivant au taux du jour, certains chauffeurs décident de contourner les barrières érigées par la PCR en se frayant un chemin dans les quartiers.
Cependant, un chauffeur approché par CONGORASSURE.CD a affirmé que ce bouclage est une action à encourager. Il justifie ses propos par le fait que cette mesure permettra d’augmenter les recettes de l’État et ainsi contribuer au développement du pays.
« Ils nous demandent plusieurs documents dont le permis de conduire, la carte rose, la vignette et autres. Pour ma part, cela va contribuer au développement du budget du pays et aussi à la sécurité du chauffeur et de son véhicule », a dit ce chauffeur rencontré sur le tronçon Ville-Ndosho.
Un autre conducteur de taxi, rencontré sur le même tronçon, ne partage pas cet avis. Il explique qu’il est impossible d’être en règle avec tous les documents car ils sont chers, ce qui signifie qu’ils ne serviront que pour les deux mois restant avant la fin de l’année. N’ayant pas tous les documents requis, il a décidé de laisser son bus à la maison.
Clés de son bus en main, manches retroussées, assis devant une station de pompage de carburant, le visage triste, André Bashizi explique.
« On nous demande tous les accessoires de la voiture, cela va jusqu’à 600 dollars alors qu’il est difficile pour nous d’obtenir cette somme. Nous sommes obligés de laisser les véhicules à la maison car même si nous achetons ces documents, nous les utiliserons pendant deux mois, ce qui est vraiment difficile pour nous.
Le malheur de la population…
Des milliers de personnes qui utilisent quotidiennement le bus comme moyen de transport souffrent de ce contrôle des documents. Depuis le début de cette opération, les taxis bus sont de plus en plus difficiles à trouver le matin et vers 16h.
Le prix d’une course dépend du nombre de personnes qui s’impatientent à l’arrêt de bus…
Le lundi passé, vers 8h30, à l’arrêt de bus Simba station de Ndosho, une foule immense qui attendait les bus a été surprise de voir le prix galoper jusqu’à mille francs congolais (1000fc) pour le trajet Ndosho-Centre ville.
Sarah, étudiante en médecine, a été obligée de payer 1000fc au lieu de 500fc pour ne pas rater son examen.
« A cause de l’absence de véhicules, les prix des bus ont augmenté. Le soir, on paie le double, voire le triple du prix pour un trajet de 500 francs. Je suis surprise mais je n’ai pas le choix, j’ai un examen, si je traîne ici, je risque d’être en retard » a-t-elle déclaré, visiblement résignée mais très inquiète de la tournure des événements.
Dans le bus, juste à côté de Sarah, une femme n’a pas non plus caché sa désolation : « Nous payons 1000fc, mais bizarrement vous verrez le chauffeur faire des détours pour éviter des roulades. » Approchée, elle nous accorde quelques minutes. « Je suis Katungu Furaha, j’habite dans le quartier de Mabanga près de TMK. Je viens de Sake où j’ai passé la nuit faute de moyens de transport. Je suis allé rendre visite à la femme de mon frère qui est malade mais je n’ai pas pu revenir car il n’y avait pas de bus. Il était environ 19 heures (…) Si j’ai commencé à anticiper en parlant de détour, c’est parce que je sais que beaucoup de bus n’ont pas de documents. Les chauffeurs passent par les quartiers pour éviter le trafic. C’est pourquoi vous verrez que pour un trajet de Ndosho à Birere, on passe au moins une heure dans le bus alors que trente minutes suffisent » s’est-elle livrée.
Il convient de préciser que la Direction Générale des Recettes du Nord-Kivu (DGR-NK) va procéder à la vente aux enchères des véhicules des récalcitrants qui ont été arrêtés et qui ne veulent pas se mettre en règle, à en croire la communication faite par cette institution étatique. Et selon des sources proches de la PCR, ce bouclage durera jusqu’au 1er décembre.