Sud-Kivu : le dialogue de paix initié par l’association « ADCI » à Baraka, contesté
Par Enoch David Aluta, CongoRassure
Le conseil urbain des jeunes, CUJ – ville de Baraka au Sud Kivu ainsi que d’autres structures citoyennes, notamment la société civile, les vieux sages et les communautés locales se sont opposés à la tenue d’un dialogue dit « de paix » initié par l’association pour le développement communautaire et intégré « ADCI », avec à sa tête un membre de la communauté Banyamulenge.
Les cibles visées par ces assises qui étaient annoncée dans la salle Mahamat pour le 25 novembre 2021, étaient les déplacés internes et les rapatriés de guerre, les jeunes, les femmes, les acteurs de la société civile et les leaders communautaires.
Et selon des sources locales qui ont livré la nouvelle à CONGORASSURE.CD, cette activité devrait au départ se dérouler à Bibokoboko dans le secteur de Mutambala dans les moyens plateaux du territoire de Fizi à la même date puis délocalisée sans motif à Baraka.
“Nous n’avons pas de conflits avec les Banyamulenge à Baraka, c’est nous qui les avons accueillis comme déplacés lors des affrontements d’il y a quelques jours ici, ils vivent avec nous dans nos maisons, ils ont des parcelles et des maisons dans la zone côtière. Il est préférable que cet atelier se déroule à Mikenge, Minembwe, Bibokoboko, Bijombo et ses environs, c’est là bas qu’il y a souvent des guerres intercommunautaires » ont déclaré plusieurs structures de la société civile de la ville de Baraka.
Aussi, mercredi dernier lors du conseil de sécurité élargi à la société civile, la majorité des participants à cette réunion se sont opposés à la demande d’une délégation de membres de la communauté Banyamulenge de Bibokoboko pour un dialogue avec les communautés vivant à Baraka autour d’un quelconque sujet.
“Toutes les communautés sont dans l’insécurité dans les villages des moyens et hauts plateaux du territoire de Fizi, et elles y vivent en cohabitation”, auraient en gros déclaré la majorité des participants à ce conseil de sécurité, élargi à la société civile, à en croire quelques participants, qui croient en que cette rencontre était inopportune.
Selon le maire de la ville qui a reçu la délégation dans son bureau, les Banyamulenge disent vivre dans l’insécurité depuis quelques jours, pourtant ils arrivaient sans crainte à Baraka, en provenance des moyens plateaux.
Par ailleurs, l’arrivée de l’ambassadeur français à Baraka a été annoncée le jeudi 25 novembre 2021, dans le cadre de cet atelier contesté, sans que l’autorité en place, alors représentant du gouverneur, n’en parle.
Il était prévu que le diplomate français passe par Bukavu, Uvira, Baraka, Minembwe et Mikenge et avant de participer durant un bref moment à cet atelier sur la “paix” avant de rentrer à Kinshasa.