Le ministre congolais de la Justice, Guillaume Ngefa Tondoko Andali, a ordonné l’ouverture de poursuites judiciaires contre deux membres du cabinet du ministre des Finances, soupçonnés d’actes de corruption liés au paiement des honoraires des avocats de l’État.
Dans une correspondance adressée au Procureur général, le ministre de la Justice enjoint l’ouverture d’une action publique contre Trésor Kiala et Yannick Isasi, respectivement chargé d’études et conseiller à la Trésorerie au cabinet du ministre des Finances. Les deux responsables sont accusés de faits présumés de « corruption et/ou de concussion », qui entraveraient le paiement régulier des honoraires dus aux avocats de la République.
Selon le document, ces pratiques illégales se manifesteraient par l’exigence du versement préalable de 15 % du montant global des honoraires avant l’alignement de l’ordre de paiement informatisé (OPI). Les pressions seraient exercées par des agents se réclamant du circuit financier du ministère des Finances, « ainsi que d’autres personnes encore à identifier ».
Le ministre de la Justice rappelle que ces honoraires font pourtant l’objet de deux correspondances officielles du directeur de cabinet du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de leur paiement effectif, soulignant ainsi la gravité des faits dénoncés.
Pour étayer sa démarche, Guillaume Ngefa Tondoko Andali indique avoir transmis au parquet général un dossier complet de pièces justificatives fournies par le Collectif des Avocats de la République, à l’origine de la dénonciation.
Cette injonction de poursuites s’inscrit dans le cadre des dispositions de l’article 70 de la loi organique d’avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétence des juridictions de l’ordre judiciaire, et intervient dans un contexte de lutte accrue contre la corruption au sein des institutions publiques en République démocratique du Congo.
Daudi Amin