L'ancien ministre d'État en charge de la Justice, Constant Mutamba, poursuit sa contre-offensive dans le dossier judiciaire qui le vise. Dans une lettre manuscrite datée du 23 juillet 2026 et adressée aux « responsables politico-judiciaires congolais », il demande la retransmission en direct de son procès devant la Cour de cassation, dénonce un déni de justice et se présente comme victime d'un « acharnement politico-judiciaire ».
Dans une lettre manuscrite de quatre pages rédigée depuis sa cellule de détention, Constant Mutamba sollicite que les audiences soient retransmises par la RTNC et d'autres médias afin de garantir, selon lui, la transparence de la procédure judiciaire.
« Je tiens à solliciter la retransmission en direct de la RTNC et d'autres médias de mon procès en cours devant la Cour de cassation, afin de permettre au peuple Congolais de suivre le déroulement de l'instruction », écrit-il, invoquant le principe constitutionnel de la publicité des audiences.
L'ancien garde des Sceaux demande également le libre accès du public à la salle d'audience, estimant que cette mesure contribuerait à renforcer la confiance dans l'administration de la justice.
Au-delà de la publicité des audiences, Constant Mutamba affirme être victime d'irrégularités procédurales. Il accuse notamment les responsables du Tribunal de grande instance de Gombe d'avoir refusé d'enregistrer une citation directe qu'il souhaitait introduire contre un greffier de la Cour de cassation pour des faits présumés de faux en écriture.
Selon lui, ce refus porterait atteinte à son droit à la défense et remettrait en cause son droit à un procès équitable, d'autant plus que son dossier est examiné en premier et dernier ressort devant la Cour de cassation.
Contestation des accusations
Poursuivi pour des faits présumés de détournement de fonds liés au Fonds de réparation et d'indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda (FRIVAO), Constant Mutamba rejette les accusations portées contre lui et invite le ministère public à apporter les preuves des faits qui lui sont reprochés.
Dans sa lettre, il appelle le procureur général près la Cour de cassation à démontrer les allégations de détournement des fonds du FRIVAO formulées à son encontre lorsqu'il exerçait les fonctions de ministre de la Justice.
En conclusion, l'ancien ministre lance un appel en faveur d'une justice impartiale, estimant que « l'injustice est un cancer » qui finit par atteindre ses propres auteurs.
Il exhorte les Congolais à défendre l'État de droit afin que la justice ne soit pas, selon ses termes, un instrument de règlement de comptes politiques ou personnels.
Cette sortie intervient alors que la procédure judiciaire engagée contre l'ancien ministre se poursuit devant la Cour de cassation, où le parquet l'accuse, avec d'autres prévenus, de détournement présumé de fonds publics destinés à la réparation des victimes de guerre. À ce stade de la procédure, les accusations du ministère public restent à être examinées contradictoirement par la juridiction compétente, qui demeure seule habilitée à établir les responsabilités éventuelles et à rendre une décision.
Diddy Mastaki