Le débat autour du processus de désarmement et de rapatriement des combattants présumés des FDLR connaît un nouveau rebondissement. Alors que la Mission de l'Organisation des Nations-Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) a publié un communiqué pour clarifier son rôle dans le retour de 39 personnes du Rwanda vers la RDC, Kigali a vivement contesté les explications de la Mission, l'accusant de graves manquements dans la gestion du programme DDRRR.
Le ministre Rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, affirme que la MONUSCO ne peut pas se dédouaner de ses responsabilités.
« Ce dont la MONUSCO ne peut se démarquer, en revanche, c'est que depuis le mois d'octobre de l'année passée, 81 personnes rapatriées par la MONUSCO, en tant qu'ex-combattants FDLR, se sont plus tard révélées être des civils Congolais de père et de mère, sans aucune origine Rwandaise, et sans aucun antécédent dans des groupes armés », déclare Kigali.
Selon le chef de la diplomatie Rwandaise, ces personnes auraient été vérifiées dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE). Il soutient également qu'une majorité d'entre elles aurait reconnu avoir accepté de se faire passer pour d'anciens combattants.
« Lors des interviews des intéressés, 69 de ces individus ont regretté avoir accepté de prétendre être des ex-combattants FDLR, sous promesse de bénéfices que le Centre de démobilisation de Mutobo offre aux ex-combattants rapatriés », indique le Chef de la diplomatie Rwandaise.
Pour Kigali, ces éléments remettent en cause la crédibilité du mécanisme de vérification de la Mission onusienne.
« Dans ce processus de désarmement et de démobilisation des ex-combattants, le professionnalisme, la rigueur et la probité des agents DDR de la MONUSCO doivent être des valeurs cardinales », a insisté Olivier Nduhungirehe.
La MONUSCO affirme ne pas être impliquée dans le retour des 39 personnes
Dans son communiqué publié le 30 juillet 2026, la MONUSCO indique avoir pris acte du renvoi par les autorités Rwandaises de 39 personnes vers la République Démocratique du Congo le 29 juillet.
La Mission précise toutefois qu'elle « n'était pas présente lors du transfert de ces personnes vers la RDC et qu'elle n'est impliquée dans ce retour à aucun titre ».
Elle rappelle que son programme de Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réintégration et Réinstallation (DDRRR) vise exclusivement le rapatriement volontaire des combattants étrangers présents en RDC ainsi que de leurs personnes à charge.
Selon la MONUSCO, chaque rapatriement fait l'objet d'un processus de vérification approfondi.
« Avant tout rapatriement vers le Rwanda, la MONUSCO mène un processus approfondi de vérification en plusieurs étapes afin d'évaluer l'éligibilité des personnes concernées. Seules les personnes jugées éligibles sont inscrites sur une liste de rapatriement proposée, qui est ensuite transmise à la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC) pour examen et approbation finale », souligne la MONUSCO.
La Mission assure enfin qu'elle demeure attachée « à préserver l'indépendance, l'intégrité et la transparence du processus DDRRR », tout en poursuivant son mandat conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Cette nouvelle passe d'armes illustre les profondes divergences persistantes entre Kigali et la MONUSCO sur la gestion du dossier des FDLR, un sujet qui demeure au cœur des tensions sécuritaires et diplomatiques entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo.
Diddy Mastaki