Les restrictions appliquées à la frontière de Kasindi dans le cadre de la riposte contre l’épidémie d’Ebola commencent à produire des répercussions directes sur les marchés de Beni. Plusieurs produits importés d’Ouganda connaissent depuis quelques jours une hausse sensible des prix, alimentant les inquiétudes des consommateurs.
Parmi les produits les plus touchés figurent les poissons importés, particulièrement prisés dans la ville. Sur plusieurs marchés de Beni, un tilapia qui se vendait habituellement à 5 000 francs Congolais atteint désormais jusqu’à 7 000 Francs Congolais, soit une augmentation d’environ 40 %.
Selon les opérateurs économiques du secteur, cette flambée s’explique par la baisse des mouvements transfrontaliers, l’augmentation des frais liés au passage de la frontière ainsi que la hausse des coûts de transport entre Kasindi et Beni.
« Nous sommes dans l'obligation de revoir les prix à la hausse parce que les dépenses sont devenues excessives. Nous tentons de nous adapter à la situation du terrain. Avant, on payait environ 1 000 Francs Congolais pour traverser avec un colis, mais actuellement cela peut atteindre 2 000 francs », explique une commerçante rencontrée à Beni.
Plusieurs importateurs affirment également que certains produits sont désormais soumis à des contrôles plus stricts, ce qui rallonge les délais et augmente les charges liées à leur acheminement.
Cette situation intervient alors que la frontière de Kasindi constitue l'un des principaux points d'approvisionnement de Beni et de plusieurs localités du Nord-Kivu en produits alimentaires provenant d'Ouganda. Toute perturbation du trafic commercial se répercute rapidement sur les prix pratiqués sur les marchés locaux.
Face à cette situation, de nombreux habitants et commerçants plaident pour un assouplissement des mesures permettant de maintenir les échanges commerciaux tout en préservant les impératifs sanitaires liés à la lutte contre Ebola.
Pour plusieurs observateurs, cette hausse des prix vient aggraver un contexte déjà marqué par l'insécurité, les déplacements de populations et la baisse du pouvoir d'achat des ménages. La question de l'approvisionnement alimentaire pourrait ainsi devenir un défi supplémentaire pour les populations de la région si les perturbations commerciales persistent dans les semaines à venir.
Diddy Mastaki