Dans le cadre de la riposte contre l'épidémie de maladie à virus Ebola, le Programme National d'Hygiène aux Frontières (PNHF) intensifie le contrôle des mouvements de population en province de l'Ituri. Lors d'un point de presse animé ce samedi 1er août à Bunia, le responsable provincial de ce programme, le Dr Théophile Ponde, a fait le point sur le dispositif sanitaire actuellement déployé.
Un filtre sanitaire pour freiner la propagation
À ce jour, 60 points de contrôle sur les 80 prévus sont pleinement opérationnels sur l'ensemble du territoire provincial. Ces installations stratégiques permettent d'effectuer un triage systématique des voyageurs afin de détecter et d'isoler rapidement les cas potentiels.
Le bilan du dispositif s'avère déjà déterminant :
- 264 cas suspects identifiés : Ces personnes qui circulaient dans la région ont été rapidement orientées vers les structures de prise en charge spécialisées ;
- Détection de décès suspectés : La rigueur des agents du PNHF a également permis de découvrir des corps sans vie régulièrement transportés de manière clandestine sur des engins roulants, notamment des motos.
Un contrôle bien plus large qu'une simple prise de température
Comme l'a souligné le Dr Théophile Ponde, l'activation de ces points de contrôle répond à une urgence épidémique stricte.
Cependant, le protocole ne se limite pas aux gestes barrières de base : « Ce travail consiste non seulement à prélever la température et imposer le lavage des mains, mais également à vérifier plusieurs aspects clés de santé publique », a précisé le responsable du PNHF.
Le défi sécuritaire et la continuité des soins 24h/24
Si ces points de contrôle devraient idéalement fonctionner jour et nuit, la situation sécuritaire dans certaines zones empêche les équipes de rester actives tard le soir. Néanmoins, le PNHF et le ministère de la Santé ont adapté leur stratégie :
- Garde nocturne dans les zones équipées : Certains sites stratégiques dotés d'infrastructures adéquates, comme celui de Muzibala (à une dizaine de kilomètres de Bunia), assurent un contrôle nocturne.
- Cartographie des zones à haut risque : Dans les secteurs les plus exposés, le ministère de la Santé a élaboré une cartographie spécifique. Celle-ci permet de maintenir un contrôle 24h/24 sans interruption, grâce à un système de rotation continue des agents.
Malgré les contraintes du terrain, les autorités sanitaires maintiennent leur engagement pour protéger la population et couper les chaînes de transmission de la maladie.
Gloiredo Ngise