Depuis la chute des cités de Rutshuru et Kiwandja, dans la chefferie des Bwisha, en territoire de Rutshuru en octobre 2022 dernier, le groupement de Binza, l'un des rares coins de ce territoire qui ne connaît pas la loi ni des combattants du M23, moins encore des forces loyalistes de la RDC a enregistré un mode de gestion particulièrement étrange, caractérisé par un chao actuel et la tracasserie de la population.
Les hauteurs de ce qui sévit dans ce groupement sont les groupes de jeunes patriotes dits Wazalendo et les rebelles Rwandais des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) actifs dans nombreux villages de Binza.
Ces éléments font payer des impôts et taxes allant jusqu’à plus de 8.000 Francs Congolais aux passagers sur les tronçons routier Kiwandja-Nyamilima, long de seulement une trentaine de kilomètres.
Plus de huit barrières sont déjà érigées sur cette route, les unes tenues par des groupes Maï-Maï, les autres par des éléments du CMC et d’autres encore par les FDLR, une situation qui inquiète les usagers de cette route qui alertent sur des perceptions illicites des taxes par ces différents groupes armés ainsi que des traitements inhumains auxquels ils soumettent la population locale.
« Je viens de Goma. Sur tout ce trajet jusqu’à Kiwandja je n’ai que dépassé 1.000 francs Congolais. Mais sur une courte distance de Kiwandja jusqu’à Nyamilima j’étais sommé de payer environ 8.000 Francs Congolais aux différentes barrières qui se multiplient du jour au jour sur cette route. C’est vraiment un calvaire que nous vivons », explique un motocycliste.
Dans notre périple dans la cité de Nyamilima, la population mène une vie incertaine. Soumise à des taxes mensuelles par ménage, de fois par individu, les arrestations arbitraires, l’insécurité grandissante, c’est le vécu quotidien que nous avons constaté sur place.
« Nous souhaitons voir le gouvernement finir la guerre au plus vite pour le retour de la paix et de l’autorité de l’état. Nous souffrons. Nous sommes comme dans une colonie. Des groupes armés qui crépitent des balles à leur guise, rançonnent la population, vraiment nous avons besoin d’aide », témoigne un habitant.
Diddy MASTAKI, Goma