Les activités socio-économiques ont été fortement perturbées mardi à Butembo et Beni, dans la province du Nord-Kivu, à la suite d'appels à manifester lancés par des groupes de pression et des mouvements citoyens réclamant notamment la libération de militants arrêtés et dénonçant la persistance de l'insécurité.
À Butembo, capitale économique du Nord-Kivu, plusieurs commerces, boutiques, magasins, galeries et stations-service sont restés fermés. Le transport en commun a également été perturbé, avec une circulation réduite sur plusieurs axes de la ville.
La tension était particulièrement perceptible dans certains quartiers, notamment à Furu et Mutsanga, considérés comme des points de mobilisation réguliers lors des mouvements de protestation dans la ville.
À Beni, des jeunes membres de groupes de pression et de mouvements citoyens ont dressé des barricades constituées notamment de pierres sur plusieurs axes routiers. Des perturbations ont notamment été signalées à Mambango, Kanzulinzuli et Ngongolio.
La mobilisation a entraîné un ralentissement des activités commerciales et de la circulation dans plusieurs secteurs de la ville. Des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) ont été déployés afin de dégager les voies et de disperser les manifestants.
Les protestataires réclament principalement la libération de Clovis Mutsuva, un activiste d'un mouvement citoyen arrêté il y a plusieurs semaines dans le cadre d'une procédure menée par la justice militaire.
Au-delà de cette affaire, les manifestants dénoncent la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu. Ils réclament également le départ du gouverneur militaire de la province, le général-major Somo Kakule Evariste.
Les mouvements citoyens lui reprochent notamment une gestion jugée laxiste de la situation sécuritaire et l'absence de réponses suffisantes aux préoccupations exprimées par la population. Ces accusations n'engagent toutefois que leurs auteurs.
Le Nord-Kivu reste confronté à une situation sécuritaire particulièrement fragile, sur fond de violences armées et de tensions persistantes dans plusieurs territoires de la province.
Martin Leku