L’émotion reste vive au sein de la communauté autochtone pygmée de Beni après l’attaque meurtrière survenue dans la nuit du 30 mai 2026 au campement de Ngadi. Au lendemain du drame, l’Initiative des Femmes Autochtones Pygmées pour la Paix et le Développement Endogène (IFAPPDE) a condamné avec fermeté ce qu’elle qualifie de massacre ciblé contre des membres de cette communauté vulnérable.
Dans un communiqué publié ce dimanche, l’organisation affirme que le campement de Ngadi, situé dans la commune Ruwenzori, a été la cible d’une attaque attribuée aux combattants des ADF.
L’IFAPPDE dit suivre avec inquiétude la multiplication des violences visant les populations autochtones dans l’est de la République Démocratique du Congo.
« Nous déplorons profondément ce massacre perpétré contre une population vulnérable vivant dans une zone urbaine sous le contrôle de l’État congolais », souligne l’organisation.
La structure exprime sa solidarité envers les familles endeuillées et appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger les populations civiles exposées aux violences des groupes armés.
Au-delà de la condamnation, l’organisation réclame l’ouverture d’investigations approfondies afin de faire la lumière sur les circonstances de cette attaque.
Selon elle, plusieurs questions demeurent sans réponse, notamment sur la capacité des assaillants à opérer dans un environnement urbain réputé sécurisé.
« Nous demandons l’ouverture d’une enquête indépendante et approfondie afin d’établir les circonstances exactes de cette attaque et de déterminer les responsabilités », indique le communiqué.
Pour l’IFAPPDE, ce nouveau drame illustre la vulnérabilité persistante des communautés autochtones dans les zones affectées par les conflits armés. Elle estime que les populations pygmées continuent de payer un lourd tribut aux violences qui secouent l’est du pays depuis plusieurs années.
« La communauté autochtone pygmée demeure régulièrement victime des violences des groupes armés, qui semblent poursuivre une stratégie d’extermination et de déplacement forcé de cette minorité vulnérable », alerte-t-elle.
Face à cette situation, l’organisation exige que les auteurs de cette attaque soient traduits en justice et que les survivants ainsi que les familles des victimes bénéficient d’une assistance et de réparations appropriées.
Le massacre de Ngadi intervient dans un contexte de recrudescence des attaques contre les civils dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où les groupes armés continuent de représenter une menace majeure pour les populations locales.
Diddy Mastaki