Ce lundi 1er juin 2026, une atmosphère lourde de souvenirs et de recueillement enveloppe la localité de Mayi-Moya. La population locale commémore le cinquième anniversaire du triste massacre et du kidnapping de plusieurs élèves et enseignants par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
Cinq ans plus tard, la douleur reste vive et le traumatisme profond au sein de la communauté éducative.
Pour les survivants, les souvenirs de cette journée tragique du mardi 1er juin 2021 ne se sont jamais effacés. Ce jour-là, ce qui devait être une journée scolaire ordinaire s'est transformé en un véritable cauchemar éveillé. Kavira Simafrose, aujourd'hui plus grande, était élève à l'époque. Elle se rappelle avec une émotion palpable le moment où tout a basculé : « Un certain mardi 1er juin, nous avions examen de sport vers 10 heures. Soudain, les ADF ont surgi près de notre école. Dans la panique, nous avons traversé la Route Nationale 4 (RN4) et notre groupe s'est divisé en deux. Malheureusement, certains de nos camarades sont tombés entre les mains des assaillants, qui en ont tué plusieurs et en ont emporté d'autres dans la brousse ».
Cinq ans après ce drame, les plaies psychologiques sont loin d'être refermées.
Le secteur de l'éducation paye un lourd tribut dans cette région meurtrie du territoire de Beni. Les salles de classe, autrefois symboles d'avenir, sont désormais habitées par la peur de nouvelles incursions. Mumbere Samson, enseignant de la place, témoigne du quotidien difficile du corps professoral et des enfants : « Cinq ans après, Mayi-Moya continue de vivre dans la phobie. Les élèves sont profondément traumatisés. Aujourd'hui, nous enseignons par pure vocation et par amour pour nos enfants, malgré le danger constant ».
À travers cette commémoration, la population de Mayi-Moya ne cherche pas seulement à honorer la mémoire de ses disparus. Elle lance également un énième cri de détresse aux autorités congolaises et aux forces de sécurité pour que les écoles du Nord-Kivu cessent d'être des cibles et redeviennent des sanctuaires de savoir.
Gloiredo Ngise