Nord-Kivu : 13 cas de sextape, dont deux ayant conduit au suicide des victimes, répertoriés en ville de Butembo
Plus ou moins 13 cas de sextape ont été enregistrés dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu, au cours de l’année 2021 par la Radio Communautaire Salama. Sur ces 13 cas, 2 ont conduit au suicide des victimes.
La coordonnatrice de la Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance (DYFEGOU), Rose Kahambu Tuombeane, a fait cette révélation lors d’un échange avec les étudiants de l’Université de l’Assomption au Congo (UAC) et ceux de l’Institut Supérieur de Développement de l’Assomption (ISDA), à l’occasion du 8 mars.
Sa présentation a porté sur le « Défi de l’utilisation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) dans l’image de la femme, notamment de la jeune fille ».
Rose Kahambu Tuombeane a déclaré avoir observé une prolifération de publications d' »images obscènes » mettant en scène des jeunes filles nues devenues actrices sur les réseaux sociaux, alors qu’elles devraient jouer le rôle d’acteurs de la bonne gouvernance et de la démocratie.
Selon elle, les causes sont basées sur la mauvaise utilisation des TIC, le désir d’échanger des photos ou des vidéos à caractère érotique avec des partenaires ou de se filmer pour découvrir certaines parties cachées du corps, l’insuffisance de l’éducation sexuelle, la vengeance de certains partenaires en cas de déception.
Parlant des conséquences, la coordonnatrice de DYFEGOU cite la perte de contrôle des victimes, l’abandon par son partenaire, la difficulté à sauver son image, les conflits au sein du foyer, la mauvaise réputation, etc.
Cette militante des droits des femmes précise que 13 cas ont été enregistrés à Butembo en 2021, dont deux ont conduit au suicide des victimes, toutes des jeunes filles. Elle se réfère au rapport publié par la Radio Communautaire Salama.
Rose Kahambu Tuombeane suggère aux femmes d’éviter de prendre de telles images afin de préserver leur dignité. Et au parlement d’initier une loi pour réglementer ce secteur en proposant également des sanctions.
Le phénomène « sextape » prend actuellement de l’ampleur dans cette ville commerciale, notamment dans le milieu universitaire. La plupart des victimes sont des filles qui voient leurs images être publiées par leurs partenaires.