A Beni, les personnes handicapées font face à des problèmes d’emploi, d’éducation et d’accès aux soins de santé (AISHP)
La ville de Beni regorge de nombreuses personnes handicapées, toutes catégories confondues, qui font face à de multiples problèmes dans tous les secteurs de la vie humaine. Elles sont confrontées à des difficultés liées à l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux infrastructures et aux transports non adaptés.
« Vous savez que dans notre pays, la RDC, les personnes handicapées sont marginalisées, la majorité n’a pas fait d’études, elles sont dans les rues menant une vie misérable de mendicité, c’est pour défendre leurs droits et plaider pour des qualités au sein de la société, que nous avons fondé l’AISHP en 2003 » a déclaré le directeur et représentant légal de l’AISHP avant de présenter les résultats des recherches menées par l’organisation.
Selon Hortense MALIRO, ces résultats aideront et faciliteront les différents plaidoyers et lobbying auprès des autorités nationales et internationales et des organisations humanitaires en faveur des enfants, des femmes et des hommes handicapés, pour défendre leur cause dans tous les secteurs liés à leurs problèmes réels.
En effet, l’enquête menée par l’AISHP a porté sur un échantillon de 147 personnes handicapées, toutes catégories confondues, y compris les malvoyants, les malentendants, les handicapés physiques (handicapés moteurs), les personnes atteintes d’infirmité motrice cérébrale (IMC), les albinos ainsi que d’autres catégories de handicaps multiples.
Sur 147 personnes interrogées au total, les 4 communes de Beni étaient concernées, entre autres : BUNGULU, 36, 73%, MULEKERA 42,18%, RWENZORI 4,08% et la Commune de BEU 16, 33%, toutes ces personnes sont de nationalité congolaise dont l’âge varie entre 18 ans et plus de 60 ans. Les femmes sont au nombre de 84 soit 57,15% dont 34,69 sont mariées et 42,86% ; 2,4% sont veuves, 1,36% sont veufs et 6,12% des femmes ont été abandonnées par leur partenaire. 6,12% ont entre 18 et 20 ans ; 23,13% entre 21 et 30 ans ; 31,97% entre 31 et 40 ans ; 25,85% entre 41 et 50 ans ; 6,12% entre 51 et 60 ans, et le reste a plus de 60 ans. Ces derniers n’ont pas été interrogés, a précisé le directeur. 72,11% ont des enfants, 27,21% n’en ont pas et 0,68% n’en ont pas.
En matière d’éducation : 27,89% viennent d’atteindre le niveau de l’école primaire, 47,62% ont atteint le niveau de l’école secondaire mais n’ont malheureusement pas obtenu de diplôme d’Etat ; 8,84% ont atteint le niveau universitaire ; 13,61% n’ont jamais étudié et 2,4% se sont abstenus de répondre à cette question.
En ce qui concerne l’emploi, 2,4% sont fonctionnaires ; 25,17% travaillent dans de petites entreprises privées ; 2,04% sont dans des ONG locales ; 25,17% sont indépendants ; 17,69% sont au chômage et 17,01% n’ont jamais travaillé.
La technique utilisée pour réaliser ce travail s’est appuyée sur un questionnaire d’enquête soumis à 147 répondants par 55 enquêteurs déployés sur le terrain, comportant chacun 44 questions et 21 sous-questions relatives à la Journée internationale des personnes handicapées, à la Convention relative aux droits des personnes handicapées ; aux articles stipulés dans la Constitution du pays relatifs à la promotion et à la protection des personnes handicapées, aux droits à l’éducation, à l’accès à l’emploi, à la subsistance, à l’accès à la micro-finance et aux micro-crédits, à leur intégration dans la communauté, aux questions relatives au ministère chargé des personnes handicapées.
Cette recherche a été menée dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Ensemble pour une société sans barrières » financé par la Christian Blind Mission (CBM) et mis en œuvre par WE ARE THE WORLD SCHOOL, l’école qui promeut une éducation inclusive et accessible à tous.
Pour rappel, l’objectif principal de l’AISHP est de couvrir les besoins fondamentaux et éducatifs des enfants handicapés, des orphelins, des enfants issus de familles pauvres mais également de lutter contre l’illettrisme et la marginalisation des personnes handicapées afin de faciliter leur intégration.
Il est à noter que les rapports de cette recherche devraient être soumis aux bureaux des différentes autorités nationales et internationales ainsi qu’aux organisations humanitaires concernées.