Nyiragongo : Rentrée scolaire incertaine pour plusieurs enfants des déplacés qui ont fui les atrocités du M23
Plusieurs enfants dont les familles ont fui les atrocités du M23 risquent de ne pas pouvoir retourner à l’école lundi si Kinshasa et Goma ne s’emploient pas à trouver une solution urgente.
C’est depuis la résurgence des rebelles du M23 que de nombreuses familles ont été contraintes d’abandonner leurs maisons et de se réfugier dans d’autres localités. Certaines vivent dans les écoles et les églises du territoire de Nyiragongo, notamment dans le site de Kahembe. D’autres familles encore se sont installées dans certains quartiers, au nord de la ville de Goma.
Les parents qui ont pris le chemin de l’exode avec leurs enfants, sont incertains quant à la rentrée scolaire 2022-2023. La plupart d’entre eux ont confié à CONGORASSURE.CD qu’ils n’ont plus d’espoir car il ne reste que quelques jours avant la rentrée officielle des classes, lundi.
Ces parents, qui semblent perdus et qui se disent abandonnés par le gouvernement, sont confrontés à plusieurs problèmes. Entre l’impossibilité de trouver de la nourriture et des soins appropriés pour leurs enfants, ils se disent incapables d’acheter des fournitures scolaires et même d’inscrire leurs enfants dans les écoles.
Ces derniers se disent également déçus de l’attitude des autorités qui les ont déjà jetés aux oubliettes et ne s’intéressent plus à eux ainsi qu’à leurs dépendants alors qu’ils n’ont rien à manger, ne savent pas où dormir, ni comment se soigner ou s’habiller et pire, ces autorités font les sourdes alors que l’année scolaire pointe son bout de nez.
Sur leurs visages, ont lit une vie de privations. Mais actuellement leur plus grande préoccupation est de voir leurs enfants aller à l’école comme tout le monde, selon leurs propres explications. Ces parents disent ne surtout pas comprendre le péché qu’ils ont commis pour mériter une telle vie, et demandent aux autorités de leur dire ce qu’elles pensent d’eux.
« Je suis père de 6 enfants, dont 4 sont en âge d’être scolarisés, mais ici où nous sommes, je ne vois pas ce que je peux faire pour mes enfants. Ils m’ont déjà dérangé et veulent continuer leurs études. Ils demandent des cahiers et tout le reste, mais je ne sais déjà plus quoi leur dire. Je ne sais pas si la vie que nous menons dans cet endroit peut nous aider à trouver une réponse à donner aux enfants », explique tristement un père de famille qui a également fui les atrocités dans son Rusthuru natal.
Celui-ci est complété par une femme déplacée, elle-même mère de trois enfants, dont l’un est également en âge d’être scolarisé. « Nous apprenons seulement qu’il y a des autorités qui travaillent pour le bien-être de la population, alors nous ne sommes pas la population ? Que prévoient nos autorités pour nous ? Les études sont destinées à une catégorie d’enfants dont les nôtres ne font pas partie ? ». Les enfants ne veulent qu’une chose : La sécurité pour pouvoir étudier chez eux
Certains de la centaine d’enfants rencontrés sur place ont également exprimé leur plus grande préoccupation : la sécurité pour pouvoir aller à l’école, chez eux. « Nous voulons que la sécurité soit rétablie chez nous et nous voulons y retourner parce que nous devons étudier. Ici nous ne pensons pas que nous allons étudier parce que nous ne sommes même pas inscrits dans une école », à indiqué l’un des enfants, âgé de 10 ans.
Une autre petite fille, âgée d’au moins 8 ans, nommée Riziki mwanvua, qui s’est également confiée à congorassure.cd, a déclaré qu’elle n’avait aucun espoir car la rentrée scolaire était déjà très proche. « Je ne fais plus confiance aux autorités qui nous mentent, elles nous disent que nous allons rentrer à la maison et étudier, mais voyez vous-même le début de l’année scolaire est proche, on ne les voit plus ».
Pour rappel, les affrontements entre les rebelles du M23 et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont provoqué un déplacement massif de la population, vieux et vieilles, hommes, femmes et enfants. Beaucoup d’entre eux ont même dû traverser la frontière et se réfugier en Ouganda voisin.