Rutshuru : Une nouvelle vague de réfugiés congolais rapatriés à Bunagana par le gouvernement ougandais
Une nouvelle vague de plus de 300 réfugiés congolais qui se trouvaient en Ouganda vient d’être rapatriée en RDC, à Bunagana, a appris CONGORASSURE.CD de sources locales.
Environ 357 réfugiés congolais qui ont fui la guerre entre les rebelles du M23 et l’armée loyaliste de la RDC dans plusieurs parties du territoire de Rutshuru en juin dernier ont été rapatriés mardi par le gouvernement ougandais vers la cité frontalière de Bunagana alors qu’elle est encore sous le contrôle des rebelles du M23.
Selon des sources émanant de la notabilité de Rutshuru, ces réfugiés, principalement des personnes âgées, des femmes et des enfants, sont venus du camp de réfugiés de Nyakabande en Ouganda, où ils s’étaient rendus pour se mettre à l’abri suite aux affrontements qui ont conduit à la chute de Bunagana aux mains des assaillants.
Ces sources précisent que plusieurs véhicules ont déposé ces réfugiés à plus d’une centaine de mètres de la frontière avec la RDC ce même mardi en fin d’après-midi avant d’organiser leur traversée de la frontière vers la cité de Bunagana.
Il s’agit là d’une nouvelle vague de réfugiés en provenance des camps ougandais après ceux ramenés au pays par le sous poste frontalier de Kitagoma au début du mois de septembre.
Les structures de la société civile du Nord-Kivu trouvent inquiétantes ces décisions unilatérales de rapatriement des réfugiés congolais de la récente guerre de Rutshuru, alors que la situation sur le terrain reste confuse, notamment avec l’occupation d’une partie de ce territoire par le M23.
Pour Jean-Paul Tsongo Marungu, un notable de cette région, l’Ouganda continue de prouver son degré d’implication dans le projet d’agression de la RDC par le Rwanda à travers le M23. Il estime que ce n’est pas à travers Bunagana que ce pays, considéré comme une patrie amie, aurait dû organiser un quelconque rapatriement des réfugiés alors que la guerre s’y déroule encore.
Au lieu de Bunagana, il pense que le gouvernement de Kampala devrait collaborer avec le gouvernement de Kinshasa afin de régler cette question d’Etat à Etat et ne pas se lancer dans une collaboration avec une force négative.