"Les personnes vivant avec un handicap physique sont aussi capables de faire n'importe quel travail pour leur autosuffisance financière, contrairement à ce que certains pensent que vivre avec un handicap physique nous rend incapables et nous oblige à vivre de la mendicité".
C'est avec cette affirmation que Mme Twisenge Béatrice, une femme vivant avec un handicap dans la ville de Goma a préféré commencer son échange avec CONGORASSURE.CD pour démontrer leur capacité malgré la situation physique qui les différencie des autres.
Chaque matin, cette femme, comme beaucoup d'autres, se réveille avec son fauteuil roulant et se dirige vers la petite barrière de Goma, où elle a centralisé ses activités quotidiennes. Avec son petit boulot de transporteuse et de facilitatrice d'achats de l'autre côté de la frontière congolo-rwandaise, une activité communément appelée " Chita-choral " dans le jargon de Goma, elle parvient à subvenir aux besoins de sa famille, tout en économisant une somme d'argent considérable pour assurer son avenir.
Par ailleurs, cette catégorie de personnes est actuellement confrontée à une série de difficultés liées à leur travail. Selon Twisenge Béatrice, alors qu'elles devraient bénéficier des mêmes droits que toute autre personne, elles continuent à être discriminées dans plusieurs cas par certains agents chargés de contrôler le trafic à la petite frontière. Elles se sentent ainsi marginalisées en raison de leur condition physique.
Par ailleurs, Ricky Ngelema Tsomba, président de l'association Tuungane, une corporation regroupant toutes les personnes vivant avec un handicap physique à Goma, souligne qu'ils ont des droits et des devoirs vis-à-vis de l'Etat et de la société dans son ensemble.
Pour lui, bien que les handicapés physiques aient des droits, beaucoup d'entre eux vivent dans l'ignorance tout comme le reste de la population. Il estime qu'il a clairement l'obligation de continuer à plaider pour l'application des nombreuses lois protégeant les personnes vivant avec handicap.
Ricky Ngelema estime également que le manque d'application de ces lois est nécessairement à l'origine des différents abus observés à l'encontre de cette classe sociale. "Nous demandons au gouvernement de travailler à l'application des lois qui nous protègent pour mettre fin à toutes les stigmatisations dont nous sommes victimes. Beaucoup de personnes nous font du mal sans s'en rendre compte tout simplement parce qu'elles ne connaissent pas l'existence d'une loi qui nous garantit la protection", a-t-il déclaré.
Il affirme que beaucoup de leurs membres impliqués dans le trafic transfrontalier sont victimes de plusieurs types de violence, notamment psychologique, financière et physique dans le cadre de leur travail.
Il appelle leurs partenaires étatiques à respecter les droits des personnes vivant avec un handicap physique, à les protéger et surtout à les traiter de la même manière que toute autre personne. Il les exhorte à faire du travail leur priorité au lieu de la mendicité, une pratique qui les jette dans le discrédit aux yeux du monde.
Soulignons que c'est en marge de la commémoration de la journée internationale des personnes vivant avec un handicap physique, célébrée le 3 décembre de chaque année que CONGORASSURE.CD a fait un focus sur la vie et le traitement de cette catégorie de personnes dans la ville de Goma qui restent dans la quasi majorité non acceptées dans la société.