Des cas isolés de violences et d'abus sexuels sur des femmes et des jeunes filles déplacées suite à la guerre entre les FARDC et la rébellion du M23 ont été signalés dans les sites de déplacés disséminés dans la chefferie de Bukumu, en territoire de Nyiragongo (Nord-Kivu).
Cette alerte a été lancée par un certain nombre des déplacés qui se sont livrés à CONGORASSURE.CD. Selon plusieurs témoignages dans les sites de l'EP Mboga et Kahembe situés respectivement à Kanyaruchinya et Monigi, plusieurs femmes et filles sont prises par force par des hommes non encore identifiés. D’autres déplacées par contre subissent des abus sexuels et se laissent faire car, expliquent-elles, c’est une question de survie suite à la situation humanitaire qu'elles rencontrent dans ce site.
En outre, ces personnes qui se sont livrées mentionnent également la forte augmentation de la prostitution, parfois sans protection, tant qu'elles survivent après des semaines sans accès à une quelconque aide alimentaire.
Le commandant de la police de protection de l'enfance au Nord-Kivu, le commissaire principal Josaphat BASHOMEKA, a promis d'ouvrir des enquêtes sur ces allégations qu'il juge très sérieuses.
Pour cet officier de la PNC, compte tenu de la gravité de ces actes, il envisage de faire appel à tous les partenaires œuvrant dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles pour une série de descentes dans ces différents sites pour faire la lumière sur la situation afin d'établir les responsabilités à tous les niveaux.
Le commissaire principal Josaphat BASHOMEKA souligne que les enquêtes qui seront menées viseront à trouver les coupables impliqués dans tous ces abus sexuels. "Si les enquêtes confirment le fait, nous ferons tout pour que les coupables soient traduits devant les tribunaux compétents pour répondre de leurs actes", a-t-il déclaré à CONGORASSURE.CD.
Les structures de la société civile œuvrant dans la lutte contre tous ces types de violence à l'égard des femmes et des filles ont dressé un tableau sombre de l'évolution de leur combat pour mettre fin à la violence à l'égard de cette couche de la population. Elles attribuent cette détérioration à la réapparition de la guerre dans plusieurs coins de la province, avec un accent particulier sur le territoire de Rutshuru et une partie de Nyiragongo actuellement sous le contrôle de la rébellion du mouvement du 23 mars depuis juin 2022 dernier.
Diddy MASTAKI, Goma