Le bureau de l'éducation et de la recherche scientifique de la coordination de la société civile du Nord-Kivu alerte sur la prolifération des petits commerces illégaux de boissons alcoolisées fortes et de plusieurs autres formes de drogues dans les périmètres scolaires de plusieurs écoles de la ville de Goma.
Dans sa dénonciation, Mme Julienne KASILAMO, présidente de cette branche de la société civile, indique que cette pratique qui est devenue courante dans cette ville contribue dans une large mesure à la délinquance des élèves avec comme conséquence directe, la baisse sensible du niveau d'éducation de plusieurs enfants.
Dans une interview exclusive accordée à CONGORASSURE.CD, elle a lancé un vibrant appel aux décideurs à tous les niveaux pour mettre fin à cette pratique qui détruit la jeunesse de la cité volcanique. Pour elle, chacun doit prendre sa part de responsabilité.
S'adressant aux autorités scolaires, elle les a exhortés à étendre leur responsabilité au-delà des écoles pour continuer à contribuer à l'éducation de ces enfants. Elle a également appelé à l'abolition de la méthode de collecte des frais scolaires en chassant les élèves des salles de classe. Julienne KASILAMO pense que les enfants sont plus en sécurité dans les salles de classe que dans les rues.
Présentant ses préoccupations quant à l'avenir de la jeunesse, elle a appelé les parents à prendre en main leur responsabilité. Elle leur a suggéré de surveiller constamment leurs enfants. "Il ne suffit pas de donner à manger aux enfants et de les envoyer à l'école sans surveiller leur comportement dans l'environnement scolaire", a-t-elle déclaré.
Pour elle, les parents doivent tout faire pour être en contact avec les autorités scolaires à ce stade. "En tant que parents, nous devons tout faire pour rester en contact avec les autorités scolaires. Mais certains parents préfèrent fuir leur responsabilité. “Vous verrez un parent qui ne connaît même pas ou étudie son enfant, d'autres qui terminent une année entière sans payer pour leurs enfants et ne se rendent jamais dans les écoles pour voir leurs progrès, ce qui ne permet pas aux enfants de bien évoluer", ajoute-t-elle.
D'autre part, cette activiste de la société civile invite les forces de l'ordre de Goma, notamment les services de renseignement, à mener des enquêtes pour démanteler tous les réseaux mafieux qui vendent des boissons fortement alcoolisées et des drogues aux élèves. Elle met l'accent sur les petites maisons érigées autour des écoles, se faisant passer pour des restaurants, alors qu'en réalité elles vendent du chanvre et toutes sortes de boissons et servent parfois de chambres à certains enfants pour la délinquance sexuelle.
Diddy MASTAKI, Goma