Depuis le début d’arrivée de plusieurs marées humaines victimes des conflits armés dans le territoire de Rutshuru et une partie de Nyiragongo, plusieurs efforts ont été fournis et continuent à être fournis tant bien par la population de Goma, des nombreuses organisations non gouvernementales, le gouvernement congolais que par les gouvernements de certains pays amis pour mobiliser de l’aide humanitaire à ces déplacés habitants dans plusieurs sites en chefferie de Bukumu.
En dépit de cette mobilisation tous azimuts, la situation humanitaire demeure préoccupante pour plusieurs déplacés, spécialement les personnes de troisième âge, des handicapés physiques et certaines autres présentant une quelconque inaptitude physique. Ces vieillards lancent un cri de détresse accusant les dirigeants de ces sites de les jeter dans un délaissement total.
Selon une nonagénaire qui nous a parlé en Kinyabwisha, déplacée en provenance de Rugari, affaiblie par la famine a fini par dénoncer cette pratique qui met actuellement leurs vies en danger.
« Je demande qu’on puisse plaider pour ma cause. Je risque de mourir de faim parce que je n’ai jamais obtenu une quelconque aide humanitaire. On se fait enregistrer sur les listes de recensement, mais quand on distribue la nourriture ce sont d’autres personnes qui récupèrent ma part. Ce n’est pas moi seulement, mais d’autres vieillards comme moi aussi. Nous n’avons pas de force, mais nous manquons celui qui peut nous protéger. Lorsque nous tentons de réclamer, même le Président des déplacés ne veut pas nous écouter ! », révèle cette vieille dame d’un ton affaiblie.
Interrogées à ce sujet par CONGORASSURE. CD, plusieurs autres déplacés de Kanyaruchinya confirment les révélations de cette vieille dame. Elles ajoutent qu'il y a un nombre incalculable des déplacés qui, depuis leur arrivée dans ces sites n’ont jamais reçu aucune assistance humanitaire. "Soit ils sont oubliés sur les listes, soit on les saute lors de la distribution ou tout simplement ils ne sont jamais recensés".
« Ces cas sont devenus fréquents dans les site, surtout ici à l’EP Kanyaruchinya et Mboga. Seuls les plus forts et plus connus par les dirigeants des sites accèdent facilement aux différentes aides. Mais les personnes qui souffrent les plus sont ces vieux abattus », souligne Théoneste Rubakare. Il demande une restructuration de l’enrichissement des déplacés car, pour lui, les données statistiques du bureau actuel du comité des déplacés présentent des irrégularités.
« La situation change presque tous les jours avec des nouvelles vagues des personnes qui arrivent ici, depuis plus trois semaines plusieurs familles venues de Kishishe et Kiwanja n’ont jamais été enregistrés et vivent la faim avec leurs enfants », poursuit-il.
Peu avant, le comité actuel des déplacés dirigé par Théo MUSEKURA a fait l’objet de plusieurs réclamations ayant conduit celui-ci à une interpellation par les services de l’ordre pour un présumé détournement de plusieurs biens destinés à l’aide humanitaire, puis relâché plus tard.
Diddy MASTAKI