Un total des trois nouveaux cas des viols sur les femmes et jeunes filles déplacées de guerre dans le territoire de Rutshuru et une partie de Nyiragongo a été enregistré dans un espace d’une semaine dans les encablures des sites des déplacés.
Dénonciations faites par les témoins directs de ces actes dans la journée de lundi 19 décembre 2022. Selon un témoin qui a accepté de dénoncer ces nouveaux cas, tout s’est produit pendant que ces femmes dont les conditions de vie demeurent très critique partaient à la recherche des bois de chauffage dans les broussailles environnantes.
« Tout s’est vite passé quand nous étions à la recherche des bois. Nous avons vu un groupe d’hommes surgir de nulle part avec des machettes. Ils ont menacé de mort avant de nous exiger de coucher avec eux par force. Deux d’entre nous avons eu la chance de nous échapper, mais ces hommes ont sûrement abusé sexuellement les trois filles qui n’ont pas pu s’échapper », témoigne-t-elle.
Par ailleurs, de son côté, la vice-présidente des déplacés de Rutshuru confirme le fait et parle d’autres menaces par des inconnus sur une autre femme venue de Kiwanja quelques jours peu avant.
Florence Byoyiki souligne que chaque nuit des hommes porteurs d’armes blanches et armes à feu font presque des incursions dans leurs sites. Outre des viols qu’ils commettent, ils causent mort d’hommes dans un grand silence des autorités en dépit de leurs alertes.
Elle estime qu’en plus de la guerre qui les a contraint à l’exode, elles sont dans un si grand danger au lieu où elles estimaient être à l’abri de la barbarie de la rébellion du M23. Celle-ci appelle le gouvernement congolais et ses différents partenaires à accélérer le programme de délocalisation de ces sites le long de la route Nationale numéro deux vers des camps situé dans un endroit à haute sécurité.
Pour elle, en cas de retard dans ce programme, elle exhorte les mêmes autorités à penser à mettre en place un important dispositif sécuritaire autour de ces différents sites pour leur permettre de se sentir en sécurité.
Par contre, plusieurs autres femmes qui décrient cette situation dans une interview avec CONGORASSURE.CD, demandent à Kinshasa à fournir plus d’efforts pour rétablir la paix dans leurs villages pour qu’elles rentrent à la maison.
« Chez nous on ne connaît pas le concept viol. Mais ici, avec toute la famine que nous endurons dans ces maisonnettes en bâche on ajoute des viols, c’est vraiment un calvaire sans nom que nous vivons ! », s’exclament-elles. « Nous voulons la paix chez nous pour aller y poursuivre notre vie, même si tout recommencera à zéro », ont-elles souhaité.
Diddy MASTAKI