Si le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSAC) a appelé il y a quelques jours le journaliste Peter Tiani à la barre pour qu'il s'explique sur les propos qu'il a tenus à l'égard de l'ancien porte-parole et ministre de la Communication Lambert Mende, l'Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) s’érige en bouclier et affirme que cette structure n'a pas l'autorité pour "réguler" les professionnels des médias.
Alors que l'on s'attendait à ce que Peter Tiani réponde positivement ou négativement à l'invitation du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, c’est une nouvelle tournure, et plutôt surprenante que vient de prendre cette situation. Contre toute attente, l’Union Nationale de la Presse du Congo vient de s’inviter à ce feuilleton qui s’annonce palpitant.
Dans une correspondance clairement libellée comme étant une demande de rectification, et datée du 11 janvier 2023, l'Union Nationale de la Presse du Congo formule un rappel à l'ordre au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, et ce après avoir été informée de la convocation du journaliste Peter Tiani par cette structure.
Dans ce document, dont une copie est parvenue à CONGORASSURE.CD, le CSAC reçoit une leçon magistrale de l'UNPC, dont les dirigeants n'ont pas hésité à exprimer leur surprise sur le traitement réservé au cas Tiani par la structure dirigée par Christian Bosembe. En effet, la Commission de Discipline et d'Ethique Professionnelle de l'UNPC, qui se dit étonnée de constater, comme tout le monde, l’invitation de Bosembe à Peter TIANI suite à la plainte de Lambert Mende, déclare qu'il est impératif de privilégier le respect des textes légaux et réglementaires.
L'UNPC rappelle clairement les attributions et le fonctionnement du CSAC et indique que cette structure régule les organes de presse et le contenu des médias et non les professionnels de ce secteur. Une nuance que le CSAC devrait normalement comprendre. Pour l'Union de la Presse du Congo, il ne sera donc pas besoin de s'accrocher sur incise « sauf en cas des faits infractionnels » en ce que, la section 2 de la loi précitée fixe à l'article 68 la mission de constatation des infractions au ministère public. Et l'article 74 de la même loi ne donne au CSAC que la possibilité de saisir les instances judiciaires compétentes.
A la lumière des explications fournies et combinées au principe général du droit, l'UNPC rappelle en outre au numéro un du CSAC, Christian Bosembe, que toutes les auditions, poursuites et condamnations ne peuvent être fondées que sur des textes légaux et réglementaires. L'Union Nationale de la Presse du Congo, qui demande à M. Bosembe de lui laisser faire son travail d'autorégulation à travers sa commission de Discipline et d'Ethique Professionnelle, lui demande cependant de donner plutôt de bonnes orientations au Directeur des Programmes de Télé 50, car cette fois, cela entre dans ses cordes.
Le CSAC maintient sa décision et insiste pour entendre Peter Tiani
Malgré le rappel à l’ordre de l'UNPC, le rapporteur du CSAC, qui a réagi mercredi, a indiqué que lorsque le CSAC est saisi d'une plainte ou d'une requête contre un professionnel des médias pour violation des règles d'éthique et de déontologie, le conseil notifie le grief à la personne incriminée en l'invitant à présenter ses moyens de défense dans un délai de sept jours
D’après Serge White Ndjibu, en cas de saisine d'office, le conseil peut consulter l'instance d'autorégulation professionnelle compétente pour un avis/examen au premier niveau. L'organisme d'autorégulation rend sa décision ou son jugement dans un délai de 7 jours. Passé ce délai, la CSAC reprend automatiquement l'affaire.
Pour l'instant, reste à voir si entre l'UNPC et le CSAC qui aura le dernier mot dans cette affaire.
CongoRassure