C'est fait. Victor Ngona, a recouvré sa liberté après une nuit passée dans les geôles de l'auditorat militaire de Bunia. Le porte-parole des communautés victimes des atrocités commises par les groupes armés, réunies au sein de la structure G5, avait été arrêté dans la nuit du mercredi au jeudi 26 janvier 2023 par des hommes en uniforme.
L'arrestation de Victor Ngona a provoqué des remous dans l'opinion publique de la ville de Bunia, fief de la province de l'Ituri. Alors que certains affirmaient qu'il avait été enlevé par des inconnus, plus tard dans la journée de jeudi, certains de ses proches ont affirmé qu'il était détenu à la police d’investigation criminelle.
Selon des sources de la police de Bunia, le porte-parole du G5 a été interpellé parce qu'il était accusé d'avoir insulté le gouverneur de la province. Dans un message largement partagé sur la toile, Victor Ngona a qualifié le gouverneur militaire de l'Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya, de "Mujinga" (ndlr : idiot) qui divise la population de cette partie du territoire national. Il a également indiqué avoir “échappé à un assassinat”.
Pour l'instant, les circonstances et les conditions de sa libération restent floues. Toutefois, certaines sources indiquent que Victor Ngona a présenté ses excuses au gouverneur militaire Johnny Luboya. D’après celles-ci, un audio confirmant qu’il y a bel et bien eu des excuses est déjà sur les réseaux sociaux.
Il est difficile de dire pour l'instant si ces allégations sont vraies, d'autant plus que l'intéressé ainsi que ses proches ne se sont pas encore exprimés sur son interpellation. Ils n'ont pas non plus encore réagi aux allégations selon lesquelles Victor Ngona aurait demandé pardon à l'autorité provinciale.
Pour rappel, dans la nuit de mercredi à jeudi, Vicky Ngona a été enlevé à son domicile par des hommes armés. Jeudi, le président de la société civile, Christian Utheki, qui a fustigé cette façon de faire, a confirmé que le porte-parole du G5 a été extrait de sa maison par des militaires commis à la garde du gouverneur pour avoir tenu des propos diffamatoires contre l'autorité provinciale. Cette situation a entraîné des manifestations dans la ville de Bunia, qui ont paralysé les activités économiques.
CongoRassure