Les déplacés de guerre de Rutshuru et d'une partie de Nyiragongo vivant dans le site de Kayembe sont descendus dans la rue tôt le matin du lundi 30 janvier 2023 pour dénoncer environ 4 mois sans assistance humanitaire en denrées alimentaires.
Ils ont barricadé la route nationale numéro deux à Monigi en plaçant des pierres pour couper temporairement la circulation sur cette route. Leur objectif a été de transmettre leurs doléances aux autorités provinciales et surtout de dénoncer le détournement d'un important lot de denrées alimentaires par, selon eux, les responsables de tous les sites de déplacés éparpillés dans le Nyiragongo en connivence avec certaines autorités locales.
"Nous avons tous commencé vers 4h du matin parce que nous sommes fatigués de vivre dans la souffrance dans ce site. Depuis que nous sommes ici, nous sommes presque oubliés. Nous ne recevons pas de nourriture comme les autres dans d'autres sites", a déclaré une femme déplacée rencontrée parmi les manifestants.
De plus, cette femme souligne que le peu de nourriture composé de riz, de farine de maïs et d'huile végétale qui était destiné à ce site aurait été détourné par le président des déplacés en complicité avec une autorité militaire de Monigi, où ce lot de nourriture était stocké.
"Nous souffrons beaucoup ici. Et quand des gens qui vivent confortablement avec leur famille détournent le peu qui peut nous redonner le sourire, cela nous dérange trop. Des enfants meurent de faim jour et nuit dans les camps. Tout ce que nous demandons, c'est que le gouvernement se souvienne de nous ou qu'il nous ouvre la route pour que nous puissions rentrer chez nous et mourir au lieu de souffrir ainsi selon la volonté de certaines personnes mal intentionnées", a poursuivi, en colère, une autre personne déplacée.
D'autre part, ces personnes déplacées reconnaissent que certaines organisations non gouvernementales leur ont fourni des soins de santé primaires, de l'eau potable et des installations sanitaires permanentes, mais elles manquent toujours de nourriture.
Elles demandent aux autorités provinciales de tout faire pour trouver une solution durable et urgente à ce problème afin de considérer les déplacés de ce site de Kayembe comme tous les autres déplacés des camps de Kanyarutchinya, Mboga, Kibayi et ailleurs.
Cette manifestation a été réprimée par la police avant que les manifestants ne soient totalement maîtrisés par Theo Musekura, président de tous les déplacés de la guerre du M23, lui-même étant le premier accusé dans toute la série de détournements des dons des déplacés depuis le tout premier qui a fait des morts et des blessés en septembre 2022 sur le site de l'école primaire de Mboga alors que le gouvernement congolais faisait son tout premier don à ces compatriotes.
Diddy MASTAKI, Goma