Les activités socio-économiques tournent au ralenti depuis la matinée du lundi 30 janvier 2023 à Beni, au Nord-Kivu. Des barricades sont visibles sur certaines artères principales de la ville.
A l'origine de cette situation, un appel du mouvement citoyen " Lutte pour le Changement " (LUCHA) invitant la population à observer deux jours sans activité afin d'exiger le départ du maire policier, le commissaire supérieur principal Narcisse Muteba Kashale, mais aussi pour manifester contre la présence des troupes de l'EAC sur le territoire congolais.
La Lucha reproche à l'autorité urbaine de Beni l'incompétence et la mauvaise gestion de l'entité, caractérisée par le banditisme urbain, la montée de la criminalité dans la ville, la multiplicité des taxes et la spoliation de plusieurs espaces publics.
Quant à la force régionale EAC, ce mouvement citoyen déplore son inaction face aux terroristes du M23, ce qu'il qualifie de "complicité”.
Afin de prévenir d'éventuels débordements, les forces de l'ordre ont été déployées dans plusieurs points stratégiques de la ville, notamment aux carrefours et autour des écoles.
Dans le centre commercial de Matonge et le long du boulevard Nyamwissi, les activités commerciales peinent à démarrer, certains commerçants ont décidé de garder leurs locaux fermés tandis que d'autres opèrent timidement.
Quant aux activités scolaires, plusieurs écoles de la commune de Mulekera, épicentre des manifestations, n'ont pas ouvert leurs portes.
Depuis le début de l'année 2023, les manifestations populaires se sont multipliées dans la ville de Beni malgré l'état de siège, une mesure sécuritaire exceptionnelle caractérisée par une restriction de certaines libertés.
Nicole Lufungi, Beni