Certaines femmes déplacées présentes dans les sites du territoire de Nyiragongo auraient été abusées sexuellement afin de recevoir une aide humanitaire.
Plusieurs femmes ont dénoncé les abus sexuels dont elles disent avoir été victimes dans le but de recevoir de l’aide humanitaire. Elles l’ont dit alors qu'elles se plaignaient de la situation humanitaire qu'elles vivent depuis leur arrivée il y a plus de quatre (4) mois dans le site de Kahembe en territoire de Nyiragongo.
Dans une interview exclusive accordée à CONGORASSURE.CD, certaines de ces femmes ont fait remarquer que les responsables de ce site conditionnent leur inscription sur les listes des bénéficiaires des différents dons par le versement de certaines sommes d'argent évaluées entre 5000 et 10.000 francs congolais.
Cette situation dérange beaucoup d'entre elles, compte tenu de la situation socio-économique qu'elles vivent depuis qu'elles ont été contraintes d'abandonner leurs villages suite à l'intensification de la guerre entre la rébellion du M23 et les forces loyalistes de la RDC dans le territoire de Rutshuru et une partie de Nyiragongo.
Confrontées à un manque d'argent important, ces femmes disent que les responsables des sites de déplacés leur proposent d'avoir des relations sexuelles si elles veulent vraiment avoir accès à l'aide humanitaire. "Certains viennent nous demander de l'argent, si tu lui dis que tu n'en as pas, il te propose des relations amoureuses pour que tu ne sois que sur la liste des personnes déplacées. Si tu refuses, tu ne pourras jamais obtenir d'aide humanitaire", a confié Shukuru Monique Nyangezi.
Cependant, certaines femmes continuent de montrer leur résistance face à cette tentation qui persiste sans que les responsables ne soient inquiétés.
Pour sa part, Furaha Wimana, une mère de cinq enfants, déplacée de Kanombe à Rutshuru, appelle le gouvernement congolais à approfondir son enquête pour décourager ces actes visant à dévaloriser les femmes même si elles sont en situation de vulnérabilité.
"Nous ne sommes pas venues ici pour vendre nos corps aux gens pour de la nourriture. Et c'est juste parce que nous refusons de coucher avec eux que nous sommes dans cette souffrance maintenant. Nous voulons que le gouvernement nous aide ou qu'il nous laisse retourner dans nos villages. Là-bas, nous ne manquerons jamais de nourriture pour nos enfants. Ce n'est pas parce que nous souffrons que nous devons coucher avec qui que ce soit pour obtenir de l'aide", s'est-elle plainte.
De leur côté, les membres du comité des personnes déplacées de Rutshuru et Nyiragongo rejettent ces accusations malgré l'importance que ces femmes leur accordent. Ils appellent toutes les femmes qui ont été victimes de tels traitements à les dénoncer afin que les auteurs soient punis selon la rigueur de la loi.
Diddy MASTAKI, Goma