Des vives tensions perdurent en ville de Goma depuis le vendredi dernier lors du lancement d’une série de manifestations amorcées contre la force régionale de l’EAC et la MONUSCO suite à leur passivité présumée dans les opérations de dissuasion contre la rébellion du M23.
Ces rebelles qui occupent maintenant une bonne partie de l’espace petit nord de la province du Nord-Kivu continuent à conquérir des nouveaux espaces sur le terrain dans la la violation pure et simple du communiqué du minisommet de Luanda et des assises de Nairobi en dépit de la présence des troupes Kényanes en ville de Goma qui, d’ailleurs ont réceptionné une partie des zones jadis occupées par cette rébellion suivie de l’annonce hypothétique de leur sortie de ces zones soi-disant au nom de la paix dans la région.
Suite à ce laxisme qui s’observe dans le chef des autorités militaires, la population du Nord et Sud Kivu par le biais de la société civile de ces deux provinces, a annoncé une série de manifestations susceptibles d’aller jusqu’au 12 février 2023 pour réclamer le retour de la paix durable dans la province trois décennies de chaos après.
Dès l’entame de ces soulèvements populaires, les habitants de plusieurs coins de la ville de Goma, capitale de la province, affirment que les manifestations prennent un autre tournant. Depuis le vendredi, toutes les routes sont pleines des pierres avec des marches sporadiques à longueur des journées. Les manifestants vont jusqu’à manifester leur colère même dans de manifestations nocturnes. Ce qui provoque plusieurs coups de feu chaque nuit dans les quartiers comme Majengo et Katoy au Nord-est de la ville ainsi que dans plusieurs villages du territoire de Nyiragongo voisin de Goma.
Pendant ce temps, les manifestants restent hostiles à toute circulation des véhicules et motocyclettes de transport en commun, de l’ouverture des commerces sur les artères principales de la ville ainsi qu’a tout attroupement des jeunes qui ne veulent pas rallier leur cause. Ce qui a été à la base d’un grand jet des pierres entre les manifestants et certains jeunes de Majengo qui s’opposaient à la persistance de cette manifestation qu’ils supposent être un manque à gagner pour la population qui vit le taux du jour dans cette ville vivant une impasse économique depuis la réactivation de cette rébellion en novembre 2021.
Toutefois, cette manifestation, par manque de contrôle connaît certains dérapages. Des extorsions, des taxations illicites, des vols, c’est vraiment la réalité qui s'observe sur le terrain. La cible principale reste les taximen moto. Ceux-ci sont exigés de payer une somme allant de 500 à 1000 francs congolais pour passer à chaque barrière érigée par des jeunes manifestants.
« Nous sommes étonnés de ce qui se passe. S’il il y a une manifestation, elle se fait pour dénoncer le mal que traverse notre pays. Mais à ma grande surprise ce qui manifestent le fait avec un esprit de vol. Est ce comme ça que nous allons changer la donne dans ce pays ? » s’interroge un taximan victime de cette barbarie des manifestants.
Dans un communiqué anonyme partagé dans les réseaux sociaux en ville de Goma, les structures de la société civile annoncent la persistance de ces manifestations jusqu’au dimanche 12 février 2023, en appelant les troupes Kenyanes et celles de la MONUSCO à aller combattre à côté des FARDC pour mettre en déroute les rebelles du M23 qui occupent actuellement trois territoires en province du Nord-Kivu. À défaut de cela, elles demandent le retrait de ces troupes du territoire congolais.
Diddy MASTAKI