Des autorités politico-administratives, judiciaires, militaires et policières du Nord-Kivu ont échangé Jeudi à Goma, avec des défenseurs des droits humains sur leur travail, les difficultés rencontrées ainsi que des perspectives pouvant tisser le lien de collaboration entre les deux parties.
Cet atelier de sensibilisation élargi à un dialogue inclusif s’est tenu dans un contexte de dégradation alarmante de la situation des défenseurs des droits humains au Nord Kivu, malgré l’existence d’un Edit dont s’est doté la province en novembre 2019.
À travers le projet RISC (Renforcer les Initiatives pour Secourir les défenseur.se.s du Congo (RDC), le consortium composé d’Agir ensemble pour les droits humains, SOS Information Juridique Multisectorielle (SOS IJM) et la Synergie Ukingo Wetu (SUWE), s’est investi dans la protection préventive des défenseur.se.s en danger.
Dans cette optique, la SUWE a organisé pour la première fois cet atelier, dont l’objectif était de contribuer à la réduction des lourdes menaces pesant sur les DDH dans la province du Nord-Kivu, en sensibilisant les autorités à l’engagement des défenseurs mais aussi au respect des textes législatifs de protection des défenseur.se.s des droits humains.
Cette activité a réuni 35 personnes à Goma dont des députés, des agents des services étatiques, des délégués des cours, tribunaux, des services de sécurité et des journalistes ainsi que des représentants des organisations de la société civile. Les échanges ont permis de mettre en lumière le fait que les autorités considèrent souvent à tort les acteurs de la société civile comme des adversaires, et sont moins informées de l’existence de l’édit nº001/2019 du 30 novembre 2019 portant protection des défenseurs des droits humains en province du Nord-Kivu.
Vicar Batundi, décoré du Prix Tulipe pour les droits humains en 2022, a rappelé aux participants les droits et devoirs des DDH ainsi que les obligations de l’Etat tels que prévus dans l’Edit provincial susmentionné.
Grâce à une approche participative, l’activité a permis d’ouvrir la voie vers un dialogue prometteur entre les autorités et les acteurs et actrices de la société civile. Des recommandations ont été formulées, parmi lesquelles le souhait de prendre part à des ateliers de vulgarisation de l’Edit et d’organiser des rencontres mensuelles entre les autorités et les acteurs et actrices de la société civile afin d’améliorer la collaboration.
Les participants ont conclu en affirmant la nécessité d’investir dans de telles initiatives de dialogue interactif entre les dirigeants et acteurs de la société civile en République Démocratique du Congo.
Daudi Amin