Deux semaines après le pillage de plusieurs commerces de la ville de Goma, au Nord-Kivu, lors de la manifestation des groupes de pression et des mouvements citoyens pour réclamer la participation de la force régionale de l'EAC et celle de la MONUSCO aux offensives contre les rebelles du M23, la présidente des petits commerçants transfrontaliers condamne ces actes de dérapage.
Dans une interview accordée à CONGORASSURE.CD, Mme Brigitte Kisuba trouve que ces actes de vandalisme relèvent du sabotage. "Il faut savoir que le commerce transfrontalier n'a rien à voir avec la situation actuelle entre la RDC et le Rwanda", a-t-elle déclaré.
Selon elle, il y a un grand fossé entre les politiciens et les commerçants, surtout dans le contexte sécuritaire actuel de la guerre du M23, que beaucoup pensent être une guerre menée par le Rwanda et l'Ouganda.
Elle appelle les couches de la population avec lesquelles elle partage les douleurs des affres de la guerre à plus de responsabilité et de retenue durant cette période pour éviter de tomber dans la manipulation.
"Revendiquer ses droits est légitime, mais il faut tenir compte de la situation économique de la région avant de multiplier les manifestations et les journées ville morte. De plus, s'attaquer aux entreprises de la population, c'est mettre en péril cette économie encore fragile", poursuit-elle.
Dans une analyse juridique, Maître Léopold, avocat au barreau de l'Ituri, souligne qu'il est du droit de tout citoyen de manifester. Cependant, il affirme que lors de ces manifestations populaires, tout cas d'abus doit être sévèrement puni par la loi. Il décourage donc tous ces actes visant à s'attaquer aux biens privés lors des marches populaires.
Ces manifestations qui virent au pillage sont devenues courantes. Pour rappel, depuis la destruction des installations de la MONUSCO et de certains commerces lors des soulèvements de juillet 2022, plusieurs magasins ont été pris pour cible par des centaines de manifestants lors des manifestations qui ont suivi, notamment celles du lundi 06 février dans la ville de Goma. Plusieurs biens de valeurs sont souvent emportés par les manifestants.
Diddy MASTAKI, Goma