Célébration ce lundi 13 février 2023, de la journée mondiale de la Radio. Cette journée est célébrée sous le thème mondial, « radio et paix ». A cette occasion, CONGORASSURE.CD a interrogé Maombi Mukomya, chercheur en journalisme et doctorant à l’Université Libre de Bruxelles sur l’implication de la Radio pour éviter les violences ethniques suite à l’agression de la RDC par le Rwanda sous couvert du M23.
En ce qui concerne le rôle des radios pendant cette crise, Maombi Mukomya qui est un chercheur en journalisme explique que la demande d'information est si fort. Les auditeurs veulent être rassurés sur la situation actuelle afin qu'ils prennent des précautions. M. Mukomya, affirme que c’est aussi pour leur permettre d'exercer leur devoir de contrôle des dirigeants.
« … une situation de guerre est une situation qui pose beaucoup de contraintes par rapport à la circulation des personnes et des biens. En ce moment-là les radios doivent correctement informer les gens pour qu’ils se mettent à l’abri. Les journalistes ont le devoir d’informer les publics parce que ça leur permet d’exercer leur droit d’être informé et au citoyen d’exercer son devoir de contrôle », explique Maombi Mukomya.
Il note également que le contexte de guerre impose un certain nombre de contraintes à la circulation de l'information. "Par exemple, les pouvoirs publics seront tentés de contrôler le travail des journalistes afin d'obtenir le soutien de la population ou de justifier la guerre. Il existe des contraintes liées aux journalistes eux-mêmes lorsqu'ils couvrent la guerre en tant que citoyens, ils sont tiraillés entre leur devoir professionnel et leur devoir civique", évoque-t-il.
Privilégier des contenus rassembleurs et savoir choisir les mots
En ce qui concerne les violences ethniques, ce doctorant de l'Université Libre de Bruxelles privilégie les contenus d'information qui rapprochent les différentes communautés ethniques.
"Pour éviter les violences ethniques, je pense que les radios, les médias et les journalistes doivent privilégier les contenus qui amènent les gens à dialoguer et les rapprochent. Évitez les contenus qui exacerbent les antagonismes ou qui présentent telle ou telle ethnie comme étant à l'origine d'une situation. Veillez à ce que ce qui est diffusé à la radio reflète la réalité", préconise Maombi Mukomya, invitant les radios à faire un choix judicieux des mots.
"En outre, les médias ou les stations de radio doivent faire attention au choix de leurs mots. Car la plupart du contenu de l'information est véhiculé par les mots. Le choix des mots est vraiment crucial, non seulement parce qu'il concerne les faits et la qualification des acteurs", martèle-t-il.
La Journée mondiale de la radio a été proclamée par l'UNESCO lors de sa 36e session en 2011. Le 13 février est également la date de la création de la radio des Nations unies. L'objectif est d'encourager les décideurs à développer l'accès à l'information par la radio et de renforcer la mise en réseau et la coopération internationale entre les radiodiffuseurs.
Martin Leku