La loi sur la protection, la prise en charge et l'intégration dans la société des personnes handicapées vient d'être adoptée pour la toute première fois en RDC. L'avènement de cette loi, tant attendue par plusieurs défenseurs des droits de l'homme, est enfin devenu une réalité après plus d'une décennie de lutte acharnée, initiée par la société civile depuis 2006.
Dans cette loi, présentée dans la capitale congolaise le lundi 13 février 2023, en plus des handicaps physiques déjà reconnus, notamment la déficience visuelle, la surdité et le handicap mental, cette loi reconnaît désormais les albinos et les personnes autistes. Ce groupe vulnérable devrait désormais bénéficier de transports publics à coût réduit.
Selon nos sources, avec ce texte, les autorités congolaises veulent mettre fin à la marginalisation de cette catégorie de personnes qui restent victimes de mauvais traitements dans la société congolaise.
Dans son discours en marge de la présentation de ce texte, la ministre déléguée en charge des personnes vivant avec handicap a formulé une série de demandes au Premier ministre en faveur de cette strate de la population.
"Nous avons demandé au Premier ministre de prendre un décret qui déterminera le quota et le taux de représentation des personnes handicapées dans les institutions publiques telles que la fonction publique et les organisations de droit privé. Pour encourager cette promotion des personnes handicapées, la loi a institué des facilités administratives, douanières et fiscales dont peuvent bénéficier toutes les personnes ou institutions qui font la promotion des personnes avec handicap", explique Irène Sambo.
Dans la province du Nord-Kivu, les associations de soutien aux personnes vivant avec handicap saluent cette loi. Cependant, elles insistent sur la mise en œuvre de ce bon texte.
Dans une interview accordée à CONGORASSURE.CD, dans son petit bureau, le président de l'APHT, souligne que cette loi comble un vide juridique. Ricky Ngelema dit avoir accueilli cette loi avec beaucoup d'enthousiasme, car elle le met sur le même plan humain que toutes les autres personnes. Cependant, il demande au gouvernement congolais d'y donner suite en mettant en place des organes pour en assurer la diffusion.
"Nous sommes très heureux de la naissance de cette loi dans notre pays. Elle met fin à la marginalisation dont nous sommes victimes dans la société. Mais nous demandons que cette loi n'existe pas seulement comme un bon texte, mais qu'elle soit appliquée. Comme certains de nos membres font du commerce transfrontalier, nous saluons la mesure visant à faciliter l'accès aux services administratifs et douaniers", déclare Ricky Ngelema.
En réponse à sa préoccupation, une disposition du texte prévoit la création d'écoles et d'institutions spécialisées pour la mise en œuvre de cette loi. Il s'agit d'un premier pas salué par plusieurs organisations de la société civile et structures d'appui aux personnes vivant avec handicap à travers le pays.
La mise en œuvre de ce texte posant problème, les structures de la société civile qui se sont battues pour que le pays adopte ce cadre juridique souhaitent que le Premier ministre crée, par décret, un fonds national alimenté par le trésor public et d'autres partenaires extérieurs afin de financer le processus de sa vulgarisation. Certaines statistiques montrent qu'au moins 15% de la population congolaise vit avec un handicap.
Diddy MASTAKI, Goma