Chaque 12 février est célébré la journée internationale de la main rouge, une journée au cours de laquelle on commémore la signature en 2002, d'un protocole annexe de la Convention relative aux droits de l'enfant interdisant l'utilisation d'enfants dans les conflits.
En RDC des milliers d'enfants continuent à être utilisés dans les conflits armés qui sévissent dans l'Est du pays depuis plus de deux décennies. Les dernières estimations de l'agence des nations unies pour l'enfance (UNICEF) indiquent qu'environs 10 000 enfants sont associés à l'un des plus de 140 groupes armés opérant sur le territoire congolais.
Dans un article intitulé “La vie là-bas”, UNICEF reviens sur les récits dans lesquels des enfants anciennement associés à des groupes armés œuvrant dans l'Est du pays relatent l'enfer vécu sur le champ de bataille. Des enfants ayant été forcés à tuer, violer et voler et qui en sont sortis avec des traumatismes énormes.
"Le recrutement et l'utilisation d'enfants est une réalité complexe et à multiples facettes. La pauvreté extrême des familles demeure une cause profonde et l’un des facteurs qui contribuent au recrutement des enfants au sein des groupes armés," révèle UNICEF.
Toutefois, la persistance de l'insécurité serait également l'une des principales brèches qui débouchent sur le recrutement et l'utilisation des enfants dans les groupes armés.
C'est ce que précise le parlement d'enfants de Beni qui, à travers une déclaration faite à l'occasion de la journée internationale de la main rouge fait allusion aux multiples enlèvements d'enfants déjà répertoriés lors des attaques des rebelles ADF contre les entités de la région de Beni-Ituri.
"À chaque attaque des rebelles ADF, des enfants innocents sont enlevés. Ces enfants traversent des pires moments dans les rangs de ces terroristes," déplore le parlement d'enfants de Beni qui rappelle que lors de la récente attaque des ADF contre le village Makungwe en territoire de Beni, 14 enfants ont été portés disparus.
Par la suite, cette structure de représentativité des enfants plaide également pour la libération de tous les enfants qui sont jusque-là utilisés dans les groupes armés, car selon elle, " la place de l'enfant, c'est en famille, à l'école."
Précisons ici que, le recrutement et l'utilisation des enfants dans les groupes armés est l'un des six violations graves des droits de l'enfant établies par les nations unies. C'est également le cas des meurtres et mutilations d'enfants ; des violences sexuelles sur les enfants ; des attaques contre les écoles et les hôpitaux ; des enlèvements d'enfants et du refus de laisser les enfants accéder à l'aide humanitaire.
Cependant, vingt-et-un ans après la signature du protocole interdisant l'utilisation d'enfants dans les conflits ; la RDC reste le pays avec le plus grand nombre de violations graves vérifiées dans le monde avec 7 616 cas répertoriés entre avril 2020 et Mars 2022 à en croire le 8ᵉ rapport du secrétaire général des Nations unies en RDC.
"Malgré une forte diminution constatée au cours de la dernière période de référence, au total 3 901 enfants dont 524 filles ont été recrutés et utilisés dans les conflits armés. Parmi ceux-ci, 1 845 enfants ont été recrutés comme enfants soldats ;" précise le même rapport.
Nicole Lufungi Beni