Après l'expiration du moratoire du maire de Goma sur l'identification des taximen moto de cette ville, le commandant de la police de la circulation routière, le commissaire supérieur Blaise Bukasa a réuni les représentants de toutes les corporations des conducteurs des motos taxis ce lundi 20 février 2023 avant le lancement de toute opération de bouclage.
L'objectif de cette rencontre, selon cet officier supérieur de la PNC, est de sensibiliser les motocyclistes et de parler le même langage dans le cadre du respect du règlement de la police de proximité afin de mettre en place d'un commun accord une liste de stratégies pouvant faire de cette opération une réussite sur le plan sécuritaire.
"Nous avons tous le pouvoir d'utiliser la force pendant cette fermeture, mais nous préférons avoir votre implication dans cette opération pour que tout se passe dans l'ordre et la quiétude. Nous sommes 20% et la population est 80%. Cela signifie que nous devons tous travailler ensemble pour la sécurité non seulement des routes mais aussi de toute notre ville pendant cette période d'incertitude sécuritaire. Cette identification vise à renforcer la sécurité de la ville de Goma contre les infiltrations ennemies. Vous êtes nos partenaires et c'est vous qui devez nous aider", a expliqué le Commissaire Blaise Bukasa aux représentants des conducteurs des motos taxis.
Par ailleurs, dans leurs doléances, ces motocyclistes, par la voix de leur président, Ngoy Kambale Kisirani, ont plaidé pour une identification qui ne doit pas prendre en compte tous les documents du taxi-moto en une seule fois.
Pour approfondir la question de la sécurité dans la ville, Ngoy Kisirani a suggéré au chef de la PCR de surseoir à toute décision urbaine visant à limiter les heures de circulation des motos-taxis pendant les heures de nuit. Il estime que cela reviendrait à laisser la ville à la merci des bandits qui peuvent opérer en toute tranquillité.
"Lorsque nous roulons toute la nuit, nous contribuons grandement à la sécurité de la ville. Nous jouons le rôle d'un dénonciateur dès que nous voyons des cas suspects. Pour nous, il ne sera pas question d'accepter de laisser la ville à la merci des bandits", dit-il.
Il poursuit que le seul moyen de lutter contre tous ces actes de banditisme, objet même de cette identification des motocyclistes, est d'exiger de tous les motocyclistes le respect du port obligatoire des gilets officiels de jour comme de nuit lors de leurs prestations.
"Nous pensons que pour contribuer à l'éradication de tous les cas d'insécurité, notamment le phénomène de vol de sacs à main et de téléphones, d'infiltration et autres, le port obligatoire des gilets serait une solution", a déclaré Kisirani Ngoy.
Satisfait de cet échange, le tout premier entre un agent de la PCR et les usagers de la route, le commissaire principal Blaise Bukasa a appelé tous les conducteurs à se conformer aux prescriptions du code de la route et à être en contact permanent avec lui afin qu'ensemble ils puissent créer un climat d'attente entre les deux parties pour changer l'image de la PCR et des conducteurs, tous deux étant des partenaires éternels ayant la route en commun.
Diddy MASTAKI, Goma