Malgré les alertes autour des problèmes qui gangrènent les opérations d’identification et enrôlement des électeurs dans la troisième zone de ces opérations, la population continue à dénoncer ce qu’elle qualifie de disfonctionnement dans les bureaux d’enrôlement dans cette zone depuis le lancement d’enrôlement.
En ville de Goma, les dénonciations sont multiples. La population parle du monnayage d’accès aux différents bureaux, l’insuffisance des machines, la lenteur des opérateurs de saisie... ce qui crée des files indiennes interminables devant les enclos des écoles choisies pour ces opérations.
« Je suis arrivée dans ce centre ça va maintenant faire quatre jours, mais je ne suis pas encore parvenue à avoir même l’odeur du bureau d’enrôlement. Des policiers nous exigent le paiement d’une somme d’argent comprise entre 2000 et 10000Fc pour espérer obtenir la carte d’électeur. Ce qui nous rend furieux, surtout avec la situation socio-économique que nous traversons actuellement à cause de la guerre », se plaint une dame rencontrée au centre établie à l’institut Uzima en commune de Karisimbi.
Des centaines de personnes, voir des milliers sont dans la nette obligation de se réveiller autour de 3 et 4 heures du matin avec l’espoir d’être les premières à accéder au bureau d’enregistrement afin d’obtenir leurs nouvelles cartes d’électeur. Mais cela reste loin d’être une garantie. Certains font plus de cinq jours pour accéder à cette pièce qui se veut rare et d’autres abandonnent tout simplement avec un regard aux derniers jours des opérations pour éviter de passer de longs moments devant les bureaux.
Pendant ce temps matinal, dans une ville de Goma frappée par une insécurité grandissante, la population court un nombre incalculable des dangers. D’un côté des enfants de la rue communément appelés “chegues", de l’autre les éléments incontrôlés de la PNC encore en patrouille pendant ces heures.
Plusieurs personnes parlent des agressions dont elles sont victimes de la part de ces "chegues". Argent, téléphones et autres biens de valeur leur sont ravis après avoir été administrés des coups allant même jusqu’à des blessures graves. Elles dénoncent dans la foulée des cas d’infiltration des certains sujets inconnus et qui accèdent le plus rapidement possible aux bureaux après versement des sommes allant jusqu’à 10 dollars américains.
Ce qui crée des incidents malheureux dans ces différents centres. C’est le cas des centres Neema au quartier Majengo et Byahi à Bujovu, où ces incidents sont allés jusqu’à devenir sanglants.
La population continue à lancer un cri de détresse aux autorités militaires pendant cette période d’état de siège pour qu’ils accompagnent la centrale électorale à remettre de l’ordre dans les opérations d’identification et enrôlement des électeurs qui, selon eux, risquerait de pousser à avoir un fichier électoral aussi compromettant que ceux des années antérieures.
Diddy MASTAKI, Goma