À seulement quelques heures de la publication du communiqué du Gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu suspendant de nouveau les trafics sur les routes traversant les zones sous occupation de la rébellion du Mouvement de 23 mars, les réactions de la population de la ville de Goma s’orientent dans tous les sens.
Alors que nombreux d’entre elles trouvaient déjà salutaire cette mesure de l’autorité provinciale après plusieurs mois d’incertitude socio-économique, ils viennent de se trouver sous une grande déception. Dans leurs réactions, ils considèrent ce nouveau communiqué comme un élément qui vient accentuer la souffrance de plus de deux millions d’habitants vivant dans la ville touristique et chef-lieu de la province du Nord Kivu.
« Quand nous avons cette colonne des véhicules le matin de ce jeudi, nous avons eu l’espoir de l’amélioration de bonnes conditions de vie parce que depuis la fermeture des routes, nous vivons une vie très chère avec des rentrées financières non habituelles », réagit un habitant.
De son côté, cet autre, sous émotion estime que le pillage d’un véhicule et la mort d’une seule personne ne dépasse pas les vies des milliers de personnes mortes depuis le début de cette guerre du M23.
« Le gouverneur vient de prendre une décision irresponsable. Depuis le début de la guerre en novembre 2021 il sait combien des personnes sont mortes, mais sans aucune intervention dissuasive. Il pense que la vie d’une seule personne vaut celles des millions de personnes qui souffrent actuellement à Goma parmi lesquelles celles des déplacés ? Il doit retirer cette décision pour le bien-être de la population. Il ne sent pas cette douleur parce que ses enfants ne vivent pas à Goma », se plaint-il.
Par ailleurs, la tendance reste renversée à ce sujet. Bien qu’elle n’atteint pas l’entendement de tout le peuple, certains autres estiment que c’est une façon de renforcer davantage la situation sécuritaire de la ville de Goma qui reste dans les viseurs de cette rébellion.
« Pour moi, j’étais déçu de cette réouverture des routes. D’abord parce qu’elle pourrait permettre aux rebelles de faire le trafic des minerais et se renforcer davantage et surtout amplifier des infiltrations dans la ville », estime cet habitant de Virunga.
Dans sa façon de voir les choses cet autre, avec sa conviction à la victoire des FARDC, dit avoir désapprouvé le communiqué du gouvernement, car pour lui, c'était une imitation du régime de Kinshasa.
« Quand Kinshasa a décidé de créer ce contact économique avec les zones sous contrôle du M23, j’ai trouvé que cela serait pris comme une position de faiblesse de notre gouvernement devant les rebelles », réagit-il.
Diddy MASTAKI, Goma