Ce vendredi 3 mars 2023, une table ronde multipartite s'est tenue à Butembo pour discuter de l'état des droits de l'homme pendant la période de l'état de siège en cours dans la région. Les autorités politico-administrative, sécuritaire et judiciaire, les défenseurs des droits de l'homme et les acteurs de la société civile ont participé à cette réunion.
Les participants ont dénoncé plusieurs cas de violations des droits humains, notamment par les forces armées et de sécurité, lors des opérations de bouclage. Des cas d'assassinats et de meurtres d'éléments de défense et de sécurité ont également été évoqués. Les défenseurs des droits de l'homme ont également déploré les difficultés rencontrées dans l'exercice de leurs activités, notamment les arrestations arbitraires et les intimidations.
Yolande Kalungero Lusenge, secrétaire permanent du Groupe d'Associations des Défense des droits de l'Homme et de la Paix (GADHOP), a déclaré : "Nous avons peint un tableau sombre surtout pendant les opérations de bouclage. Des fois, des jeunes innocents sont arrêtés et on demande des sommes exorbitantes pour leur libération. Les autorités sécuritaires nous ont aussi montré pourquoi elles ne dénoncent pas quand il y a meurtre ou assassinat des militaires ou des policiers".
Le maire intérimaire de Butembo, qui a présidé la réunion, a appelé les participants à travailler ensemble pour la préservation des droits humains pendant leurs activités. À la fin de la table ronde, les autorités politico-administrative, sécuritaire et judiciaire, les défenseurs des droits de l'homme et les acteurs de la société civile ont pris l'engagement d'œuvrer ensemble pour la protection des droits de l'homme dans la région.
Il sied de noter que la situation des droits de l'homme dans la région reste préoccupante malgré la présence d’une administration militaire et policière ainsi que les alertes multiples des défenseurs des droits de l'homme.
Martin Leku, Butembo