Le camp de Kanyaruchinya, comme tous les autres dispersés dans le territoire de Nyiragongo et dans la ville de Goma, continue d’accueillir de personnes déplacées. Ces personnes viennent pour la plupart fraîchement des villages entourant la cité de Sake à Masisi depuis l'intensification de la guerre du M23 dans ce territoire.
Depuis leur arrivée à Kanyaruchinya, plusieurs familles vivent dans des conditions humanitaires précaires. Elles ont des difficultés à nourrir leurs enfants en raison du manque d'aides alimentaires, difficilement accessible pour nombreux déplacés. D'autres déplacés affirment n'avoir rien reçu depuis leur arrivée dans ces camps.
Pour survivre, certaines familles se lancent dans de petits commerces informels autour et à l'intérieur des sites de déplacés. Parmi elles se trouve Hakizimana Mpangaziye, marié et père de sept enfants. Depuis plus de sept mois, il vit dans sa cabane construite non loin de la route principale. Il n'a jamais eu la chance d'accéder à l'aide humanitaire pour nourrir sa femme et ses enfants.
Pour subvenir aux besoins de sa famille, cet homme originaire de Kibumba s'est lancé dans la fabrication de trottinettes en bois, communément appelés "Tshukudu", pour les vendre à Goma. Un projet qui lui permet de répondre aux besoins fondamentaux de son petit ménage.
Cet homme vend chacun de ses produits à 70 dollars la pièce. Il explique à CONGORASSURE.CD qu'il peut produire jusqu'à cinq ou six pièces par mois, sans compter les revenus tirés de la vente des pièces détachées de cet outil de transport.
"J'ai commencé ce travail le jour même où je suis arrivé à Goma en fuyant la guerre. Ce travail m'aide beaucoup car grâce à ce que je gagne, je couvre presque tous les besoins de la famille sans avoir recours à l'aide alimentaire qui n'arrive toujours pas. Je vends un chukudu à 70 dollars et quand je travaille beaucoup, je fais entre cinq et six par mois", dit-il.
Ce déplacé de guerre appelle tous les autres à utiliser leurs talents et à reprendre les activités socio-économiques qu'ils avaient dans leurs villages respectifs avant de venir vivre en exode dans la ville de Goma. Selon lui, cela permettra de protéger des familles de la famine, surtout face à l'aide alimentaire qui reste hypothétique dans les différents camps.
Par ailleurs, il demande au gouvernement congolais de combattre les rebelles du M23 jusqu'au bout pour le retour de la paix dans leurs différents milieux d'origine afin qu'ils rentrent vivre en paix et reprendre leurs activités normalement.
Diddy MASTAKI, Goma