À la suite des récents combats signalés dans la zone de santé de Kibirizi, province du Nord-Kivu, la population a été contrainte de fuir vers le grand nord pour se mettre à l’abri, principalement dans les localités de Kayna, Kirumba et Kanyabayonga. Médecins sans frontières s'inquiète de l'afflux de ses déplacés dans le territoire de Lubero, sans assistance humanitaire et médicale.
Selon MSF, plus de 150 000 personnes auraient trouvé refuge en quelques jours dans ce territoire, vivant dans le dénuement le plus total, où très peu d’organisations sont présentes.
"87 000 personnes déplacées étaient déjà réfugiées dans la zone de santé de Kibirizi avant de fuir à nouveau. Durant ces six derniers mois, ces familles n’ont reçu aucune assistance médicale et humanitaire, ce qui a des conséquences sur leur état de santé : les cas de malnutrition augmentent chez les enfants et les adultes. Ces personnes manquent de biens de première nécessité et principalement de nourriture. La plupart des personnes déplacées sont hébergées au sein de la communauté qui elle-même subit les effets de la crise", explique Caroline Seguin, coordinatrice des urgences à MSF au Nord-Kivu.
Avec ces nouvelles arrivées, la situation est aussi précaire que préoccupante, ajoute-t-elle, en précisant que : "les gens se déplacent depuis plusieurs mois. Ils ne cessent de fuir et à chaque déplacement, les déplacements deviennent de plus en plus difficiles. Ils partent avec rien, même pas une couverture dans des zones où il fait froid et ils ont un gros problème d’accès à la nourriture. Alors on voit de plus en plus d’enfants et également des adultes qui sont mal nourris sévères. Il y a aussi des problèmes d’accès à l’eau et d’accès aux soins".
"Il faut noter que dans ces zones-là, il est difficile d’y accéder parce qu’il n’y a plus les ponts aériens qui existaient jusqu’à la semaine dernière. Nous, MSF, sommes en train d’essayer d’organiser des ponts aériens, mais pour les autres organisations humanitaires, ce sera difficile d’accéder à ces zones. C’est pourquoi nous allons demander à la communauté humanitaire de travailler sur l’accès à ces zones et de développer des opérations pour répondre aux besoins de ces populations qui sont vraiment, vraiment démunies", conclut-elle
Adrien Ambanengo à Lubumbashi