Accéder à la nouvelle carte d’électeur demeure un sérieux problème en ville de Goma au Nord-Kivu. Pour se procurer cette pièce jouant au même temps le rôle de la carte d’identité depuis l’avènement de la 3ᵉ République, certains habitants de Goma, par insuffisance des centres d’enrôlement, font des kilomètres entiers pour tenter leur chance dans les camps des déplacés de Kanyaruchinya en territoire de Nyiragongo.
Mais cette situation reste loin d’être une solution pour accéder facilement à cette carte. À l’instar de Goma, ces centres commencent déjà à recevoir un nombre incalculable de requérants, d’où des longues files d’attente commencent déjà à s’y observer.
Certains qui accèdent au bureau d’enrôlement se trouvent dans l’obligation de changer leurs adresses de résidence pour le compte des adresses fictives du territoire de Rutshuru. Pour eux, l’important n’est pas l’adresse, mais plutôt avoir une carte d’identité nationale pour leur permettre la libre circulation au Nord-Kivu, province écumée par toutes les formes d’insécurité.
« J’ai vu qu’à Goma, il est trop difficile d’avoir la carte avec ou sans argent. Voilà pourquoi je me suis déplacée jusqu’à Kanyaruchinya avec l’espoir d’en avoir. L’important pour moi est d’avoir la carte, car j’effectue trop de voyages d’affaires, or sans carte, c’est difficile de circuler librement », témoigne une dame rencontrée par CONGORASSURE.CD.
Cette arrivée massive de ces quelques habitants de Goma vient déjà de créer des controverses et infecte sensiblement le déroulement de l’enrôlement des déplacés pour le compte de leurs circonscriptions d’origine. Plusieurs déplacés ne savent plus accéder facilement à leurs cartes ; le monnayage, le clientélisme et les connaissances étant déjà importés dans ces centres. Là aussi, on commence à exiger des sommes d’argent variant entre 2000 et 5000 francs Congolais pour avoir la carte d’électeur. Tout cela au détriment des déplacés, en dépit de leur degré de vulnérabilité.
« Quand on commence à nous demander de l’argent pour avoir des cartes d’électeur alors qu’ils savent bien que nous vivons sans même avoir de quoi nourrir nos enfants dans ces camps, nous trouvons que nous ne sommes plus protégés par toutes les institutions du pays. Que la CENI fasse tout pour remettre de l’ordre dans tout ce qu’elle fait », se plaint un déplacé.
Pendant cette dernière semaine des opérations d’identification et enrôlement des électeurs dans l’aire opérationnelle 3 (AO3), les requérants se précipite dans les centres d’enrôlement avec tous les moyens possibles pourvu qu’ils obtiennent leurs cartes avant la fin officielle de ces opérations qui sont presque à la fin de la phase de prolongation accordée par la centrale électorale, fin prévu début avril 2023.
Diddy MASTAKI, Goma