Les réclamations des requérants des nouvelles cartes d’électeur demeurent d’actualité dans les centres d’enrôlement de la ville de Goma au Nord-Kivu. Des vieillards, des personnes vivant avec handicap, des malades et les femmes enceintes restent les plus marginalisés suite à leur inaptitude physique.
C’est le cas du centre d'enrôlement situé à l’EP Byahi où la population s’est soulevée dimanche 26 mars pour dénoncer le désordre organisé qui s’y observe depuis le début des opérations d’identification et enrôlement des électeurs en dépit des radiations des certains agents accusés des quelques abus ternissant l’image de la centrale électorale qui ont été enregistrés tout au long de ce processus.
Dans ce centre, une liste d’environ vingt (20) handicapés reçus par le PCI, président chef de centre est restée pendante toute la journée, des détenteurs de jetons parmi lesquelles des personnes de troisième âge, de femmes enceintes et de malades sont restés sous un soleil ardent sans aucune suite pour leur accueil dans le bureau s’enrôlent. Jusqu’à 14 heures locales, aucune personne arrivée à ce centre n’a accédé à la carte sauf des délégations et recommandations.
Ce qui a vite poussé les requérants à se soulever pour dénoncer ce qu’ils ont qualifié de monnayage, clientélisme et trafic d’influence au détriment du bas peuple.
« C’est vraiment inadmissible ce que nous vivons dans ce centre. Je suis arrivé avec une délégation des personnes vivant avec handicap. Mais le chef de centre qui lui-même nous a demandé une liste nous laisse sous le soleil avec ces personnes fragiles jusqu'à 14 heures, mais sans aucune suite », se plaint Ricky Ngelema président des handicapés du Nord-Kivu.
La colère et l’esprit de révolte ont animé toute la population présente sur place à l’EP. Byahi. Ils ont dénoncé un désordre organisé et surtout un dénigrement qu’ils subissent de la part des responsables de ce centre et des agents de l’ordre. Ils demandent à la CENI de leur fixer si la carte est maintenant à vendre ou elle reste gratuite.
« Je suis ici depuis tôt le matin. Ces gens nous ont distribué des jetons. Je suis numéro 5, mais depuis 8 heures même le numéro un n’a pas encore été appelé il est déjà 13 heures 8, nous ne voyons que des délégations entrer, des militaires qui viennent avec leurs gens, ... », témoigne d’un ton colérique une femme rencontrée sur place.
Selon lui, cela prouve en suffisance que la loi pourtant protection des handicapés récemment promulguée en RDC continue de souffrir d’applicabilité parce que l’accès à la carte reste un problème très sérieux pour cette catégorie de personnes bien que la facilité d’accès aux formalités administratives leur soient garanties.
« Tout ce qui se passe ici, c'est du business. Les policiers nous demandent de l’argent pour nous laisser entrer. Quand nous refusons, ils nous chassent comme des chiens, nous battent jusqu'à nous pointer même leurs armes. Ils ont frappé une femme enceinte et blessé un jeune garçon tout simplement parce qu’il a revendiqué son droit. Si la carte est à vendre qu’ils nous indiquent des boutiques où les retrouver parce que nous souffrons », témoigne une autre.
Nombreux d’entre ces requérants redoutent l’enrôlement à grande échelle des étrangers dans ce centre. Selon leurs témoignages, plusieurs personnes se font enrôler sans connaître ne serait-ce qu’un seul village du Nord-Kivu. Ils appellent la CENI à faire de sorte que la dignité humaine soit respectée dans ces centres, car l’accès à la carte d’électeur est un droit civique pour tout Congolais sans distinction aucune.
Diddy MASTAKI, Goma